
Onze illégaux en attente d'expulsion sont morts dans la nuit de mercredi à jeudi dans l'incendie qui a pris pour une raison indéterminée, vers minuit, dans le centre pénitentiaire de l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol. Les autorités décomptaient également quinze blessés dont un grave, parmi lesquels six détenus et six gendarmes. Quatre étaient encore hospitalisés jeudi, selon les autorités. Ce centre, un bâtiment en préfabriqué construit en 2002, héberge principalement des "mules", arrêtées alors qu'elles tentaient de passer de la drogue, ou des personnes refusées à l'entrée aux Pays-Bas. Au total, quelque 350 personnes y étaient retenues mercredi soir.
"On est resté enfermé. On s'égosillait"
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| Les détenus attendent de réintégrer leur cellule ou d'être transférés |
Un rescapé a assuré que les gardiens n'avaient pas pris l'alerte au sérieux, dans une interview diffusée par la radio publique néerlandaise Radio 1. "On est resté enfermé. On s'égosillait à en avoir mal à la gorge", a déclaré cet homme, non identifié par Radio 1, racontant que les détenus tambourinaient à la porte de leur cellule. Michel Bezuigen a répliqué lors de la conférence de presse qu'une enquête indépendante devrait faire la lumière sur cette affaire, en plus de l'enquête habituelle de la justice. Cette enquête indépendante sera placée sous l'autorité de Pieter van Vollenhoven, beau-frère de la reine Beatrix et président du Centre de recherche sur la sécurité. Une association européenne de défense des droits des prisonniers, EORG, a annoncé à l'agence néerlandaise son intention de mener sa propre enquête. "La propagation rapide du feu d'une cellule à l'autre pose question", a estimé un porte-parole d'EORG.
Le porte-parole du parquet a estimé que les secours étaient intervenus "très vite". Les ministres néerlandais de la Justice et de l'Immigration, Piet Hein Donner et Rita Verdonk, ont estimé lors d'une visite sur les lieux en milieu de journée que les secouristes avaient fait "tout ce qui était possible". Michel Bezuigen a précisé que l'ouverture des cellules ne pouvait se faire que manuellement, une porte à la fois. Dix ou douze cellules ont été détruites par le feu, dans une aile de 24 cellules, selon lui.
Trois détenus ont été arrêtés alors qu'ils tentaient de fuir, mais le porte-parole du parquet a dit ignorer si d'autres y étaient parvenus, le décompte n'étant pas terminé en milieu de journée. Selon d'autres sources, la police et la gendarmerie cherchaient toujours jeudi huit détenus qui auraient pu s'évader à la faveur du sinistre. Cent cinquante détenus ont été déplacés vers d'autres centres, dont cent au Camp Zeist, une installation militaire qui a notamment abrité le procès de la catastrophe aérienne de Lockerbie (Ecosse).
Photo d'ouverture : image de nuit de l'incendie - DR
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