
Cris de joie au cœur d'Islamabad. Trois jours après le tremblement de terre qui pourrait avoir fait jusqu'à 40 000 morts dans le nord-est du Pakistan, les sauveteurs ont extrait vivants la nuit dernière une mère irakienne et son fils de deux ans, des décombres de la tour Margalla, un immeuble de dix étages qui s'était effondré lors du séisme. "C'est miraculeux", a exulté le secrétaire d'Etat à l'Intérieur, Shehzad Waseem. L'enfant et sa mère de 32 ans, qui a perdu son mari dans la catastrophe, étaient restés bloqués dans une poche d'air pendant soixante heures. Ils ont été conduits dans un hôpital de la ville où leur condition était qualifiée de stable par les médecins.
Quelque 40 à 50 personnes sont encore coincées sous les ruines de la tour, ont indiqué des responsables de la police, qui ne désespèrent pas de pouvoir récupérer d'autres survivants. En tout cinq personnes ont jusqu'à présent été sorties vivantes des décombres par les sauveteurs, qui, selon M. Waseem, commençaient à se désespérer après avoir extirpé 30 cadavres de l'amas de gravas et de tôles tordues. Contrairement aux apparences, la destruction de cet immeuble est une exception dans la capitale pakistanaise, autrement épargnée par le séisme qui a largement plus touché le nord-est du Pakistan.
Entre espoir et colère à Muzzafarabad
C'est le cas notamment à Balakot, où on apprenait en fin de matinée qu'une équipe de la Sécurité civile française avait réussi à sauver cinq enfants des décombres d'une école de la ville ravagée. Interrogé par l'afp sur les chances de retrouver d'autres survivants, le colonel français Jean-Jacques Mornat, a répondu "non, il n'y a plus d'espoir". "Notre travail de sauvetage est terminé. La phase de dégagement et d'assainissement des lieux va commencer", a-t-il précisé.
A Muzzafarabad, capitale dévastée du Cachemire pakistanais et où les autorités parlent de 11 000 morts, des survivants, armés au mieux de pelles et de barres de fer, s'efforcent eux-aussi de retrouver des proches dans les décombres. Huit personnes ont ainsi pu être dégagées vivantes des ruines dans la nuit. "Dans chaque maison, il y a deux, trois, quatre ou cinq cadavres. Nous n'avons pas assez d'hommes. Nous essayons de répartir nos forces, mais il y a trop à faire", explique un sous-officier. "Dès qu'on a fini une maison, la seule chose à faire, c'est de passer à la suivante", ajoute-t-il.
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