Pakistan : "Sil vous plaît, aidez nous"

Par Par A.Ga. (avec AFP), le 22 octobre 2005 à 16h50 , mis à jour le 22 octobre 2005 à 17h10

Deux semaines après le séisme qui a dévasté le nord du Pakistan, des milliers de survivants, bloqués dans les montagnes, sont menacés par le froid et la maladie. Selon un dernier bilan, le tremblement de terre a fait 53.182 morts, 75.146 blessés et trois millions de sans abri.

[Expiré] pakistan

"Notre village est trop loin de la route. Il n'a plus aucun équipement. Toutes les maisons sont détruites. S'il vous plaît aidez-nous. Là-bas beaucoup de gens sont morts ou blessés." Griffonné à la main, sur une feuille déchirée, l'appel au secours d'un villageois donne un aperçu des conditions de survie cauchemardesques dans les régions du nord du Pakistan toujours inaccessibles pour les secours après le séisme du 8 octobre.

Deux semaines après le tremblement de terre qui a dévasté le nord du Pakistan, les organisations humanitaires craignent que les secours n'arrivent pas à temps pour des milliers de survivants bloqués dans les montagnes, à l'approche de l'hiver, menacés par le froid et la maladie. Selon un dernier bilan communiqué samedi, le séisme a fait au moins 53.182 morts et 75.146 blessées.

Hors de portée des secours

En appelant une nouvelle fois samedi à la mobilisation internationale dans ce dramatique compte à rebours, les représentants de l'Onu au Pakistan ont réclamé, en urgence, une cinquantaine d'hélicoptères supplémentaires, des tentes, des équipements d'assainissement de l'eau et de chauffage, des couvertures, ainsi que davantage d'équipes médicales.

Dans les régions ravagées de Balakot, dans le nord du Pakistan, et de Muzaffarabad, au Cachemire pakistanais, des secouristes se démènent sans relâche pour fournir tentes, vivres et couvertures à quelque trois millions de sans-abri. Mais des milliers de villageois restent hors de portée des secours, très difficiles à acheminer en raison de la configuration du terrain dans cette région de l'Himalaya, où de nombreuses habitations sont accrochées à flanc de montagne, éparpillées de surcroît.

"Même si vous avez un hélicoptère, où voulez-vous le faire atterrir", souligne un porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à Muzaffarabad, la capitale dévastée du Cachemire pakistanais, résumant ce que tous sur le terrain qualifient de "cauchemar logistique".

Sollicitée par l'Onu, l'Otan a annoncé vendredi un renforcement de son aide, mobilisant jusqu'à un millier d'hommes et mettant pour la première fois de son histoire un bataillon du génie à la disposition d'une opération humanitaire. Ce dispositif devrait être complété par l'envoi de quatre hélicoptères gros porteurs.

La Banque mondiale, qui a déjà offert 40 millions de dollars au titre de l'aide d'urgence, a décidé samedi d'augmenter de façon "significative" sa contribution à la reconstruction des régions sinistrées du Pakistan. Mais le coordonnateur humanitaire de l'Onu pour le Pakistan a lancé samedi depuis Islamabad un nouvel appel à l'aide, alors que l'hiver se fait de plus en plus menaçant. "La denrée la plus rare en ce moment est le temps qui passe. Le temps ne peut pas s'acheter avec de l'argent. Le climat est aussi contre nous et l'hiver approche", a-t-il déclaré.

Rotations incessantes

Entre 50.000 et 200.000 tentes supplémentaires sont nécessaires pour abriter les sinistrés dont les maisons se sont effondrées, selon le représentant au Pakistan de l'Office international des migrations (IOM), Chris Lom, tandis que, selon l'Onu, l'aide alimentaire devra pouvoir nourrir un million de personnes pendant six mois. Le responsable de l'Unicef a parlé lui de "bombe à retardement" si des systèmes d'assainissement de l'eau n'étaient pas acheminés en urgence.

Selon l'Onu, entre 10 et 20 pour cent des villages sinistrés n'ont encore reçu aucune aide, malgré les rotations incessantes d'environ 80 hélicoptères, pakistanais, américains, allemands et japonais notamment, qui larguent de l'aide, déposent des médecins, évacuent les blessés.

L'Inde a de son côté annoncé qu'elle se refusait à autoriser l'ouverture sans contrôle de la ligne de démarcation entre le Pakistan et le Cachemire indien, où 1.329 personnes ont été tuées. L'idée d'une réouverture de la Ligne de Contrôle aux civils avait été lancée par le président pakistanais, le général Pervez Musharraf, afin de faciliter les secours.

(PHOTO AFP/Mumtaz au chevet de son père à Chakoti au Pakistan)

Par Par A.Ga. (avec AFP) le 22 octobre 2005 à 16:50
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4 Commentaires

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  • ., le 23/10/2005 à 08h48

    Qu'attendent les émiras , au lieu de dilapider leurs argents dans des choses ultra luxueuses , pour venir en aide à leurs frères .

  • Nomena, le 23/10/2005 à 04h55

    Bonjour, La tragedie survenu au Pakistan n'a rien a voir avec l'arme nucleaire de ce pays. Arretons de les relier. Un tel seisme pourrai frappee n'importe quel peys au monde. Il faut les ecouter et faire quelques choses pour soulager la souffrance humain.

  • Montjoye, le 22/10/2005 à 17h34

    Eh oui le pakistan est un pays pauvre pour sa population mais tres riche quand il s'agit d'acheter des armes ....voila la misere du monde.

  • Fred, le 22/10/2005 à 17h20

    Comme quoi avoir la bombe atomique n'a jamais nourri son peuple... A force de liquider leurs ressources dans une lutte acharnée avec l'Inde, voici que de pauvres innocents paient le prix d'une véritable dictature militaire...

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