Pologne : victoire du conservateur Kaczynski

le 23 octobre 2005 à 08h49 , mis à jour le 24 octobre 2005 à 14h24

Le conservateur catholique Lech Kaczynski a été élu dimanche président en remportant à la surprise générale le second tour de l'élection face au libéral Donald Tusk.

Pologne président Lech Kacynski © TV polonaise/DR

Le conservateur catholique Lech Kaczynski a été élu dimanche président de la Pologne en remportant largement à la surprise générale le second tour de l'élection face au libéral Donald Tusk qui était pourtant favori depuis des mois. Lech Kaczynski, 56 ans, qui a fait campagne ces dernières semaines sur la  fracture sociale en Pologne, a obtenu 54,04% des suffrages. Son rival, le libéral Donald Tusk, a obtenu 45,96% des voix. Le taux de participation au second tour s'est élevé à 50,99%.

Plus d'infos

Les deux candidats de droite, tous deux issus du mouvement anti-communiste Solidarité de Lech Walesa, étaient opposés dans un duel après un premier tour qui avait donné un léger avantage de trois points à Donald Tusk. Aucun des grands instituts de sondage n'avait prévu la victoire de Lech Kaczynski, même si les toutes dernières enquêtes avaient pronostiqué une course très serrée. Donald Tusk, président du parti libéral Plateforme civique (PO), avait constamment mené depuis la fin juillet.

"Mission accomplie"

Sur la fin, Lech Kaczynski s'est livré à de vives attaques contre le libéralisme, qui lui a valu le soutien des populistes de l'influent mouvement Autodéfense ainsi que des catholiques fondamentalistes, relayés par la puissante  station intégriste Radio Maryja. Lech Kaczynski a réédité la performance de son parti Droit et Justice (PiS),  qui avait in extremis devancé PO lors des élections législatives du 25  septembre. Lech Kaczynski et son frère jumeau Jaroslaw, qui préside le PiS, ont  ainsi remporté leur double pari de gagner à la fois les deux épreuves du marathon électoral. "Mission accomplie", a dit Lech devant les caméras à son frère jumeau, qui est le stratège dominant du binôme.

Jaroslaw Kaczynski, portrait tout craché de Lech, a préféré renoncer au  poste de Premier ministre qui lui revenait logiquement afin de ne pas gâcher les chances de son frère. Selon les enquêtes, les Polonais n'auraient pas accepté  d'avoir un Premier ministre et un chef de l'Etat à l'apparence totalement similaire. Jaroslaw Kaczynski a poussé sur le devant de la scène un expert économique de son parti, Kazimierz Marcinkiewicz, qui a été chargé de former un  gouvernement. Mais il continuera à jouer un rôle des plus influents puisqu'il  reste président du parti.

Rivalité contre nature

Durant sa campagne, Lech Kaczynski, un ancien prisonnier politique sous la dictature communiste, a plaidé pour une vision plus sociale de la Pologne. Eurosceptique, il est très méfiant envers la Russie et l'Allemagne. "Son élection ne présage rien de bon pour les relations polono-allemandes dans les mois qui viennent", a pronostiqué le politologue Cornelius Ochmann.  Les pouvoirs du président de la République, élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans, sont moins étendus que ceux du Premier ministre,  mais il est tout de même coordinateur de la politique étrangère.

Le président sortant, le social-démocrate Aleksander Kwasniewski, ne pouvait se représenter, après deux mandats de cinq ans. Donald Tusk militait pour des réformes plus radicales afin de relancer une  économie encore retardée par des décennies de communisme. Il était surtout  soutenu par les grandes villes et les diplômés tandis que la campagne lui  largement préféré Lech Kaczynski. Les deux candidats étaient dans la situation paradoxale d'être rivaux alors  que leurs deux partis sont convenus de longue date de former une coalition gouvernementale. Les deux partis disposent ensemble d'une confortable majorité  de 288 sièges sur 460.

D'après AFP

(Lech Kaczynski/TV polonaise/DR)

le 23 octobre 2005 à 08:49
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16 Commentaires

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  • Bernard, le 24/10/2005 à 14h12

    Vive la Pologne! Si j'étais Polonais, je serais très fier de mon peuple pas comme celui qui m'entoure actuellement.

  • Guy, le 24/10/2005 à 13h30

    Un eurosceptique de plus, tant mieux!! petit à petit on arrivera à démembrer complétement cette gigantesque escroquerie qu'est l'europe telle que l'on voudrait nous la faire accepter!!! Nous sommes des nations indépendnate, avec nos particularsimes et nos cultures différentes et n'avons rien à faire les uns avec les autres!!

  • Moimeme, le 24/10/2005 à 13h29

    Les polonais aussi ont compris que le liberalisme outrancier avait ses limites.

  • Dan, le 24/10/2005 à 13h09

    Depuis le non au référendum, on commence à y voir plus clair sur la réalité de cette Europe...si le oui l'avait emporté, j'en frémis rétrospectivement...Qu'aurait on unis...?

  • Mojorisin, le 24/10/2005 à 12h45

    "l'euro sera une véritable limitation de notre souveraineté" Lech Kaczynski 24/10/05 Avec le non au TCE de la France et des Pays-bas, la victoire d'un ultra-catholique conservateur en Pologne démontre clairement une montée des nationalistes et des populistes un peu partout en Europe. "Anne ma soeur Anne, si tu voyais ce que je vois venir..."

  • Stephane, le 24/10/2005 à 11h21

    Pour info, en 5 ans de présidence de varsovie, Kaczynski n'a strictement rien fait pour les varsoviens, les routes sont toujours aussi pourries, le tram n'a pas été renové, bref, un bilan catastrophique.

  • Stephane, le 24/10/2005 à 11h18

    C'est un drame pour la Pologne, un peu comme si Lepen était élu en France. C'est un intégriste cathlolique et un démago de premiere, du genre a proclamer que son premier voyage officiel sea au Vatican, histoire de récupérer les voix des cathos intégristes. Au programme de Kaczynski : rétablissement de la peine de mort, lutte contre l'homosexualité, interdiction de l'avortement (officiellement interdit mais plus ou moins toléré). La Pologne va reperdre 10 ans de progres social.

  • ALICE, le 24/10/2005 à 10h46

    APRES LE TRAITRE WALECHA C EST UNE AUTRE BONNICHE US QUI S INSTALLE. PAUVRES POLONAIS, JE VOUS PLAINS SINCEREMENT .

  • Xavier, le 24/10/2005 à 10h21

    Bonne nouvelle. Victoire de la Pologne profonde. La page du "communisme libéral" est maintenant bien tournée avec le départ de Kwasniewski. STO LAT ! Bon Vent !

  • Stéphane, le 24/10/2005 à 08h17

    Je ne vois pas ce qu'un petit pays comme la Pologne puisse avoir à gagner à s'opposer à l'Allemagne et à la Russie; quand on est politiquement et économiquement pas grand chose, il faut savoir rester humble et réaliste. La Pologne oublie trop souvent son niveau de développement; il serait temps de revenir sur terre...

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