Muni d'un vieil exemplaire du Coran, il a également refusé de reconnaître le tribunal, qu'il estime incompétent pour juger le chef d'Etat qu'il estime toujours être. (afp)Tout ça pour ça ? Présenté comme "historique", le procès de Saddam Hussein, ouvert ce mercredi un peu avant 11h, heure française, devant le Tribunal spécial irakien, a été ajourné trois heures et demie plus tard, suspension pour problèmes techniques comprise.
Mais alors que l'avocat de l'ancien dictateur, estimant n'avoir pas eu le temps de préparer sa défense, avait demandé un report de trois mois, le tribunal a fixé la prochaine audience au lundi 28 novembre. Selon les juges, ce report s'explique également par l'absence des témoins, effrayés de venir déposer à la barre. Le nouveau délai doit permettre de les convaincre de se déplacer et de raconter leur histoire.
"Qui êtes-vous ? Que voulez-vous ?"
Uniquement jugé avec sept de ses lieutenants pour le massacre de 143 chiites du village de Doudjaïl en 1982, Saddam Hussein s'est montré, comme on pouvait s'y attendre, très combatif. Les échanges ont ainsi été très vifs. Il a par exemple refusé de répondre aux questions du président du tribunal, d'origine Kurde, et a récusé d'emblée le TSI. "Qui êtes-vous ? Que voulez-vous" ? a-t-il lancé sur un ton de défi au juge Amine qui lui demandait de décliner son identité complète. "Je me réserve le droit constitutionnel de faire valoir mes droits de chef d'Etat et je refuse de répondre", a-t-il ajouté, avec un vieil exemplaire du Coran dans sa main. "Je ne reconnais pas votre autorité parce que tout est infondé" a-t-il encore clamé. Après un bref échange entre les deux hommes, il a maintenu son refus de répondre à la cour.
Ensuite, après la lecture des charges retenues contre lui, il a, comme ses lieutenants, plaidé non coupable. "Je répète ce que j'ai dit, je ne suis pas coupable. Je suis innocent", a-t-il affirmé, vêtu d'un costume sombre et d'une chemise blanche sans cravate. Saddam Hussein, qui a une formation de juriste, a également récusé une demande du procureur de joindre au dossier d'accusation le film du massacre de Doudjaïl, soulignant qu'"un enregistrement ne peut constituer une preuve".
(photo afp : Saddam Hussein lors de l'audience)
Retour MYTF1
Chargement en cours...




