© AFPLe oui était donné gagnant lundi dans le référendum sur le projet de Constitution irakienne, en attendant les résultats officiels. L'armée américaine a annoncé avoir tué soixante-dix rebelles, dimanche, "après un référendum réussi au cours duquel il n'y a pas eu d'incident majeur dans les bureaux de vote de la province d'Al-Anbar", a souligné l'armée américaine. Selon elle, le plus grand nombre de rebelles a été tué tôt le matin dans deux frappes aériennes menées dans la région d'Abou Faraj, au nord de Ramadi.
Lundi, les violences ont nettement repris, faisant six tués parmi les membres des forces de l'ordre irakiennes dans trois attaques distinctes à Bagdad et au nord de la capitale, selon des sources sécuritaires.
"Très difficile que le 'non' l'emporte"
Les responsables irakiens affichaient un optimisme sur la victoire du "oui" au référendum auquel plus de 61% des 15,5 millions d'électeurs ont participé, même si la Commission électorale a souligné qu'il était prématuré d'annoncer quoi que ce soit en disant que le dépouillement n'est pas terminé. Ces responsables, se fondant sur des résultats partiels, affirment que la province de Ninive, qui a Mossoul pour capitale, n'a pas voté contre le texte. Le député kurde Osmane a relevé que Mossoul "est le principal bastion du Parti islamique", qui s'est déclaré en faveur de la Constitution.
La commission électorale a démenti, dans un communiqué, des informations de presse selon lesquelles Ninive aurait voté en faveur du projet de Constitution, les qualifiant de "dénuées de tout fondement", sans plus de précision. Mais de source proche de cette instance, on estimait "très difficile que le +non+ l'emporte" au référendum sur la Constitution.
Sans Ninive, les Arabes sunnites seront incapables de bloquer le texte, en réunissant contre lui deux tiers des électeurs de trois provinces. Si Salaheddine et Al-Anbar semblent avoir voté contre, Diyala, au nord de Bagdad a, selon toute vraisemblance, adopté le texte.
"Un avenir éclatant"
Des personnalités sunnites opposées au projet ont affirmé au contraire que le texte a été rejeté et averti contre des "fraudes" pour le faire passer. "Les résultats que nous avons entre nos mains montrent que le peuple irakien a dit +non+ à la constitution qui divise le pays", a ainsi déclaré Saleh Motlak, du Conseil du dialogue national, qui regroupe des personnalités sunnites opposés au projet de Constitution. Un autre dignitaire sunnite, cheikh Saad al-Mahmoud, de la province de Salaheddine, a accusé "des responsables Kurdes de Ninive de tenter de trafiquer les résultats dans cette province qui a voté massivement +non+".
La tenue dans de bonnes conditions du référendum continue de susciter des réactions favorables dans le monde, après celles satisfaites des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne. L'Iran a félicité "le gouvernement et le peuple irakiens" pour la large participation au référendum, ajoutant qu'il "promettait un avenir éclatant accompagné de paix et de stabilité" à l'Irak. Mais, les commentaires de la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, qui a affirmé dimanche à Londres que le "oui" l'avait "probablement" emporté ont irrité les responsables de la commission électorale. "J'ai été étonné par les propos de Mme Rice", a affirmé à l'AFP, Abdel Hussein Hindaoui, un des responsables de la commission. "Autant que je sache, elle ne travaille pas pour la commission électorale", a-t-il ajouté.
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