
Qui a tué l'ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri ? Detlev Mehlis, chef de la commission indépendante d'enquête sur cet assassinat, a remis jeudi son rapport au secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan. Il doit être transmi ce vendredi au Conseil de sécurité et au gouvernement libanais. Le rapport pourrait donc être rendu public dans la foulée.
Ce rapport est très attendu. L'assassinat de Rafic Hariri et de 20 personnes, dans un attentat à la bombe en plein Beyrouth le 14 février, a été imputé par de nombreux Libanais à la Syrie, pays voisin du Liban qui a exercé une tutelle sur son petit voisin pendant trois décennies. Damas a toujours nié toute implication. Le président syrien, Bachar al Assad, a réaffirmé, mercredi, dans un entretien accordé à l'hebdomadaire allemand Die Zeit : "Nous sommes innocents à 100%".
" Etat d'urgence non déclaré "
Depuis cet assassinat, quatorze autres attentats ont frappé Beyrouth. Aucun auteur n'a été arrêté, augmentant les inquiétudes d'une population qui sort désormais très peu le soir. Dans la crainte de nouveaux attentats ce vendredi, au moment de la remise du rapport au gouvernement Libanais, des mesures de protection proches d'un "état d'urgence non déclaré" - selon les termes du ministre de l'Intérieur - ont été prises pour protéger les édifices publiques et rassurer la population.
Selon des sources de sécurité, quelques 10.000 hommes ont été mobilisés pour ce plan d'alerte. L'armée patrouille dans les lieux publics, sur les grands axes routiers, et des tireurs d'élite ont été installés sur des toits d'immeubles. Un mur de protection d'une hauteur de plusieurs mètres enserre le siège de l'Onu dans la capitale, et le directeur du centre d'information des Nations unies, Nejib Friji, a été évacué du pays pour des raisons de sécurité. Les voies d'accès à la résidence de la famille Hariri, située dans le centre de Beyrouth, ont été barrées à la circulation.
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