
Depuis la capture du raïs, en décembre 2003, les tribulations de la défense de Saddam Hussein suffiraient à elles seules pour écrire un livre. Elle a notamment été marquée par le limogeage de certains avocats, alors que d'autres ont renoncé parmi les 2 000 - dont une vingtaine d'internationaux - qui s'étaient portés volontaires pour assister l'ancien dictateur.
Le controversé Jacques Vergés, qui a défendu notamment Klaus Barbie et le terroriste Carlos, avait ainsi affirmé avoir été nommé par un neveu de Saddam Hussein pour se joindre à l'équipe. Il avait attiré l'attention des médias en affirmant qu'il comptait appeler à témoigner des dirigeants occidentaux qui avaient soutenu le régime lors de la guerre Irak-Iran de 1980 à 1988. Mais il avait rapidement déchanté, la famille de Saddam ayant clairement fait savoir qu'elle ne voulait pas de lui.
En mai 2004, l'épouse de Saddam et ses filles avaient mandaté une équipe d'une vingtaine d'avocats arabes et étrangers dirigée par le Jordanien Mohamad Rachdane. Mais, ce dernier a ensuite été limogé, accusé d'agir unilatéralement et de rechercher une célébrité personnelle.
Deux Français
Et en septembre dernier, c'est la fille aînée du dictateur, Raghad, qui a pris les affaires en mains. Elle a retiré leurs mandats à la plupart des avocats arabes et étrangers et annoncé que sa famille ne traiterait principalement qu'avec un seul conseil irakien, Me Khalil al-Doulaïmi.
Mais ce dernier étant peu expérimenté en matière pénale, et encore moins dans des cas de crimes de l'Humanité, il continue à bénéficier de l'aide d'une structure internationale, composée notamment de Roland Dumas et André Chamy. Il s'est toutefois plaint du manque de fonds du comité de défense, a affirmé n'avoir pu se préparer de manière satisfaisante pour le procès et souligné qu'il n'a pas eu accès à son client ni aux détails de l'acte d'accusation.
(photo d'archives-afp : Saddam Hussein et Khalil al-Doulaïmi, lors d'une comparution)
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