© Nathalie Rougeau-DRGeorge W. Bush a visité jeudi les zones ravagées par le passage de l'ouragan Wilma en Floride, cherchant à atténuer la frustration de sinistrés irrités par la lenteur des secours.Le président américain a été accueilli par son frère, le gouverneur de l'Etat Jeb Bush, qui l'a piloté dans les quartiers touchés avant de se rendre avec lui au Centre national des ouragans à Miami. Le bilan des victimes directes ou indirectes de Wilma s'est aggravé et a maintenant atteint 10 morts après le décès d'un Brésilien de 48 ans, qui a péri jeudi asphyxié par les gaz d'échappement d'un générateur de courant, à Deerfield Beach, au nord de Miami. Neuf autres personnes dont trois pompiers ont été intoxiqués et hospitalisées lors de cet accident.
"Le gouvernement fédéral travaille avec les autorités locales et fait tout son possible pour régler les choses", a déclaré le président Bush dans un centre de distribution de secours à Pompano Beach, au nord de Miami. "Je sais que les gens sont frustrés", a reconnu le président américain. "Les choses ne bougent pas instantanément, mais elles bougent", a-t-il assuré. "Ici, les gens reçoivent des vivres et bientôt l'électricité sera rétablie et la vie reprendra normalement", a-t-il promis. Quatre millions de personnes sont toujours sans électricité quatre jours après le passage de l'ouragan.
A la recherche d'eau, de vivres et d'essence
Les habitants du nord de Miami jusqu'à Palm Beach étaient à la recherche d'eau, de vivres et d'essence, beaucoup de stations services étant fermées faute d'électricité. Le gouverneur et l'Agence pour les secours en cas d'urgence (Fema) ont été sévérement critiqués par la population pour la lenteur et le manque d'organisation des secours. Les quelques dizaines de points de distribution d'eau et de glace ont été pris d'assaut et rapidement à court de stocks. La plupart des routes, jusqu'alors jonchées d'arbres arrachés et de débris, étaient ouvertes à la circulation jeudi mais l'essence reste rare et les queues devant les stations-services ouvertes s'étirent sur des kilomètres. Les aéroports de Miami et de Fort Lauderdale sont à nouveau ouverts.
Excuses de Jeb Bush
Jeb Bush s'était excusé mercredi auprès de la population en reconnaissant que les autorités n'avaient pas été à la hauteur. "Le système n'a pas fonctionné comme il aurait dû hier, j'avais probablement placé la barre trop haut, mais nous n'avons pas été à la hauteur et j'en prends la responsabilité", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. Ses propos rappellent le "mea culpa" qu'avait lancé tardivement son frère, le président Bush, après le désastre de La Nouvelle-Orléans, dévastée par les inondations déclenchées par le cyclone Katrina le 29 août. Le maire du comté de Miami-Dade, Carlos Alvarez, a exprimé tout haut le mécontentement de ses concitoyens en dénonçant les lenteurs de la bureaucratie fédérale. "C'est tout le processus de distribution et sa structure qui pose problème", a-t-il dit.
L'ouragan a traversé de part en part le sud de la Floride lundi, faisant 9 morts et de nombreux dégâts estimés entre 4 et 8 milliards de dollars. Avant de frapper la Floride, Wilma avait dévasté samedi et dimanche la péninsule du Yucatan et l'île de Cozumel dans l'est du Mexique, faisant au moins dix morts. Sans atteindre le bilan de l'ouragan Andrew qui avait ravagé la Floride en 1992, Wilma a également semé la destruction dans le sud de l'Etat, endommageant immeubles et installations. Le couvre-feu reste en vigueur dans plusieurs villes de la région et la police a fait état de plus 50 arrestations pour non respect de ces mesures ainsi que pour des tentatives de pillages.
(Photo-Nathalie Rougeau-DR : un immeuble de bureaux après après le passage de Wilma en Floride)
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