Allemagne : l'accord de coalition entériné malgré tout

le 14 novembre 2005 à 15h49 , mis à jour le 14 novembre 2005 à 16h56

Réunis chacun de leur côté en congrès, conservateurs et sociaux-démocrates, malgré leurs réticences propres, se sont prononcés sur l'accord de "grande coalition" conclu vendredi.

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Réuni en congrès lundi à Berlin, la CDU, le parti de la chancelière désignée Angela Merkel, a approuvé à une "écrasante majorité" le contrat de coalition conclu vendredi avec les sociaux-démocrates du SPD. Les délégués ont approuvé le texte, qui servira de base à la politique du futur gouvernement pour les quatre ans à venir, par 112 voix pour, 3 contre et une abstention.

Cette large approbation était attendue, malgré les critiques lancées par les dirigeants des entreprises proches des conservateurs. Axé sur la lutte contre le chômage et la réduction du déficit budgétaire à moins de 3% du PIB pour respecter les critères de l'UE -soit 35 millliards d'euros-, l'accord prévoit en effet une augmentation de trois points du taux de TVA, de 16 à 19%. Les économistes craignent que cette hausse réduise la consommation et par ricochet mette à mal l'objectif de baisse du chômage, actuellement à 11,6% de la population active. Les dirigeants d'entreprises regrettent également qu'Angela Merkel ait dû renoncer à une refonte de la réglementation des négociations salariales.

L'adieu de Schröder

Un peu plus tard, la CSU, la branche bavaroise de la CDU, et surtout le SPD ont également approuvé l'accord. A Karlsruhe, Gerhard Schröder a délivré son dernier discours, présenté comme son "testament politique'. Pour obtenir le vote de ses ouailles, le chancelier sortant a expliqué que "les coalitions sont toujours des alliances de raison. On ne demande à personne d'aimer cette coalition". "Mais ce gouvernement porte de manière tout à fait évidente, et peut être avant toutes choses, la signature de la social-démocratie", a-t-il lancé. Au total, quinze délégués se sont prononcés contre, cinq se sont abstenus sur quelque 500 présents.

Comme à la CDU, mais pour des raisons totalement opposées, les sceptiques ne manquent pas au SPD. Certains militants n'ont notamment pas apprécié les hausses d'impôts et les réductions d'avantages sociaux, comme l'allongement de l'âge de la retraite de 65 à 67 ans.

La suite du processus


L'accord sera paraphé par les deux camps au cours d'une cérémonie solennelle vendredi 18 novembre, quatre jours avant la passation de pouvoir entre Gerhard Schröder et Angela Merkel, le 22 novembre au Bundestag, chambre basse du parlement.

(photo d'archives : Angela Merkel)

le 14 novembre 2005 à 15:49
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