Un an après, Arafat reste un symbole

Par Par AFP, le 11 novembre 2005 à 06h45 , mis à jour le 11 novembre 2005 à 09h12

Un an après son décès, qui reste toujours un mystère, Yasser Arafat est encore le symbole principal de la lutte palestinienne. Sa disparition n'a néanmoins pas rapproché les Palestiniens de l'Etat qu'il leur promettait.

arafat fidèle percy 2 © E-TF1

Le 11 novembre 2004, Yasser Arafat décédait à 75 ans dans un hôpital de la banlieue parisienne après une agonie d'une dizaine de jours médiatisée à outrance. Dès le lendemain, il était inhumé dans la cour de la Mouqataa, son QG de Ramallah.

Depuis, les visiteurs viennent se recueillir régulièrement sur la tombe qu'abrite un mausolée vitré provisoire. Quatre membres de la Sûreté palestinienne, drapeau palestinien en écharpe, montent la garde. Un portrait d'Arafat souriant, keffieh sur la tête et faisant le "V" de la victoire avec la Mosquée d'Al-Aqsa de Jérusalem en arrière plan, est accroché sur l'une des vitres derrière la tombe.

"Rien n'a changé avec Israël"

"Abou Ammar (ndlr : le nom de guerre de Yasser Arafat) demeurera le symbole de la cause palestinienne et de notre lutte pour la liberté", affirme Nabil Abou Roudeina, qui fut le plus proche collaborateur d'Arafat de 1994 jusqu'à sa mort. Aujourd'hui porte-parole de la présidence de l'Autorité palestinienne, il estime qu'Arafat est "un personnage historique qui restera gravé dans la mémoire". "On ne peut pas parler de l'histoire du peuple palestinien sans parler d'Arafat. Il a réussi à transformer la cause palestinienne d'un problème de réfugiés à une lutte nationale d'un peuple qui aspire à l'indépendance", souligne-t-il.

Nabil Abou Roudeina ajoute que malgré leur "différence de style", Mahmoud Abbas, son successeur, milite pour le même objectif que celui qu'Arafat n'a pu réaliser de son vivant : "la création d'un Etat palestinien avec Jérusalem comme capitale". Mais, selon lui, le blocage persistant du processus de paix "prouve que les accusations israéliennes selon lesquelles Yasser Arafat était un obstacle à la paix n'étaient que des prétextes pour se dérober aux négociations". "Rien n'a changé, l'occupation est toujours là, Israël refuse de revenir à la table des négociations et la colonisation et la construction du mur se poursuivent", note-il.

Le Premier ministre palestinien Ahmad Qoreï affirme pour sa part que, contrairement aux accusations israéliennes, Yasser Arafat était "un vrai homme de paix qui a signé tous les accords que nous avons respectés". "Ce dont il avait besoin, c'était un réel partenaire du côté israélien" lance-t-il.

Abbas moins ambigu

Relevant que "la violence s'est beaucoup calmée" depuis la mort d'Arafat et que Mahmoud Abbas a "adopté un nouveau ton", Edward Abington, ancien consul général des Etats-Unis à Jérusalem, estime toutefois que le gouvernement israélien ne veut pas reprendre les négociations avec les Palestiniens. "Je ne suis pas sûr que le gouvernement israélien actuel s'intéresse vraiment aux négociations. Il me semble qu'ils veulent agir de manière unilatérale pour déterminer les frontières d'Israël en Cisjordanie et dans la région de Jérusalem", explique Edward Abington, aujourd'hui conseiller pour l'Autorité palestinienne à Washington.

Selon lui, le réchauffement des relations américano-palestiniennes depuis la mort d'Arafat, qui était persona non grata à Washington depuis l'arrivée du président Bush au pouvoir en janvier 2001, s'explique par l'approche considérée comme plus modérée de Mahmoud Abbas, qui a été reçu à deux reprises à la Maison Blanche depuis mai. "Le président Abbas dit clairement et sans ambiguïté que la violence n'aide pas les Palestiniens à atteindre leurs objectifs. Je pense que le président Arafat a été beaucoup plus ambigu là-dessus", conclut-il.

Les causes de la mort toujours mystérieuses


Selon le rapport médical français, cité fin novembre 2004 par le neveu de l'ancien président palestinien, la mort de Yasser Arafat aurait été provoquée par une hémorragie cérébrale à la suite d'une infection, dont les causes n'ont, elles, jamais été évoquées. Aucune trace de poison n'a également été relevée dans les examens toxicologiques effectués en France.

Soupçonnant néanmoins un empoisonnement par Israël, compte tenu notamment des menaces de morts dont il avait été la cible, les Palestiniens ont créé une commission ministérielle, qui a rendu un rapport non concluant sur les causes du décès. "Les médecins français et palestiniens ont conclu que la médecine n'a pas pu trouver de traitement aux maux dont souffrait le président", a déclaré le Premier ministre palestinien

Le mystère aurait pu être élucidé si une autopsie avait été effectuée. Mais l'épouse d'Arafat, Souha, l'a refusée. Résultat : beaucoup de Palestiniens continuent à croire à la thèse de l'empoisonnement commis par Israël à l'aide d'une substance rare et encore inconnue de la médecine.

(photo d'archives e-tf1)

Par Par AFP le 11 novembre 2005 à 06:45
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