
George W. Bush, très affaibli sur le plan intérieur à la suite d'accusations touchant la Maison Blanche, n'a obtenu aucun répit pour sa première visite en Argentine, qui a poussé dans les rues des milliers de manifestants. Des incidents violents ont eu lieu vendredi soir à Mar del Plata, cité balnéaire où se déroulait le sommet des Amériques, et à Buenos Aires, se soldant par plus de 80 arrestations et des dizaines de commerces à capitaux étrangers détruits. Au moment du départ du président américain vers le Brésil pour une visite officielle dimanche avant la poursuite de sa tournée latino-américaine au Panama lundi, le sommet n'était toujours pas clos, les délégations continuant de négocier âprement les termes de la déclaration finale.
Les 34 pays du continent ne parvenaient pas à s'entendre sur l'inclusion ou non (et sous quelle forme) d'un paragraphe concernant la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA), projet de marché commun continental soutenu par Washington. Les pays du Mercosur (Brésil, Uruguay, Paraguay et Argentine) et le Venezuela sont opposés, pour des raisons différentes, à cette initiative américaine que soutiennent en revanche 29 pays dont le Mexique, le Canada ou les nations des Caraïbes et d'Amérique centrale. "Le Mercosur ne cède pas, il est fort comme un roc. Le Mercosur plus le Venezuela bien sûr", a déclaré le président vénézuélien Hugo Chavez.
Maradona, nouvelle figure emblématique de l'altermondialisme
La venue de George W. Bush en Argentine et ses projets "libre-échangistes" ont suscité non seulement la colère de la rue mais aussi de l'ancienne gloire du football argentin Diego Maradona, nouvelle figure emblématique de l'altermondialisme, qui a été jusqu'à qualifier le président américain d' "ordure humaine". Conscient de son impopularité en Amérique latine, George W. Bush avait lui-même ironisé, lors d'une entrevue avant le sommet avec son hôte argentin Nestor Kirchner, sur le fait que "ce n'est pas toujours facile de (le) recevoir". Derrière les sourires de façade, les contacts entre les deux hommes ont été qualifiés de "très francs" et Nestor Kirchner n'a pas épargné à son interlocuteur les critiques contre le "consensus de Washington", crédo libéral adopté par certains pays sud-américains, dont l'Argentine dans les années 90.
George W. Bush n'a pas non plus été épargné par la presse accréditée à la Maison Blanche qui a multiplié les questions concernant la préoccupante chute de sa cote de popularité sous la barre des 40%, après une semaine marquée par la démission d'un proche du vice-président Dick Cheney, accusé de parjure et faux témoignage, et le passage de la barre symbolique des 2.000 soldats américains tués en Irak. "Je comprends que certains soient préoccupés par les sondages. Pour être crédible auprès du public américain, il faut fixer des priorités claires", a répondu Bush, mis sur le grill par la presse, pour la première fois en une semaine. Le président américain a en revanche refusé de se prononcer sur un éventuel limogeage de son stratège politique Karl Rove pour son rôle supposé dans la révélation du nom d'une espionne de la CIA, affaire ayant provoqué la démission du chef de cabinet de Dick Cheney, Lewis Libby : "L'enquête sur Karl comme vous le savez n'est pas terminée et je ne ferai donc pas de commentaires".
Photo d'ouverture : George W. Bush au sommet des Amériques. Sourire crispé et manifestations altermondialistes dans les rues... - DR
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