© afpChiffre symbolique du 2 000e GI tué depuis mars 2003, inculpation de Lewis Libby, bras droit de Dick Cheney, le vice-président, dans l'affaire "Plame" : le boomerang irakien s'est de nouveau retourné contre l'administration Bush la semaine dernière. Pour tenter de désamorcer la situation, le président a essayé de mettre d'autres débats sur le devant de la scène depuis lundi, comme la grippe aviaire ou la Cour suprême. Peine perdue.
Profitant de la situation, les Démocrates sont revenus à la charge mardi, et pas de n'importe quelle manière. Pour obtenir la mise en place d'une enquête sur une éventuelle manipulation des informations du renseigement par le gouvernement pour justifier la guerre, ils ont en effet provoqué un coup de théâtre politique en ordonnant que la séance du Sénat soit poursuivie à huis-clos. Cette procédure est tout à fait exceptionnelle, puisqu'elle est uniquement réservée à des débats touchant à la sécurité nationale ou à une éventuelle destitution du président. Pour Bill Frist, le leader républicain au Sénat, ce n'est ni plus ni moins qu'une "gifle" au pouvoir.
"Il faut des réponses"
Après deux heures de débats houleux et de négociations à huis clos, les Républicains ont finalement accepté de créer une commission bipartite chargée de présenter d'ici le 14 novembre un rapport sur la meilleure façon de mener une telle enquête. Harry Reid, le chef de l'opposition, s'est félicité que son coup de force ait porté des fruits. "Le 14 novembre, nous aurons une idée de la façon dont ils vont mener cette enquête à bien. Enfin", se félicite-t-il.
Les Américains "méritent une enquête complète et exigeante sur la façon dont l'administration de George W. Bush a mené ce pays en guerre, il faut des réponses à des questions essentielles, notamment sur la façon dont elle a constitué son dossier pour la guerre en Irak", explique Harry Reid. "Comment des hauts responsables de l'administration Bush ont-ils manipulé ou fabriqué le renseignement présenté au Congrès ou au peuple américain ?", demande-t-il encore. Selon lui, la majorité républicaine a failli à ses responsabilités en ne menant pas d'enquête parlementaire sur une éventuelle manipulation du renseignement par l'administration Bush.
"L'administration a cru aux informations"
En juillet 2004, la commission du renseignement du Sénat, comptant des démocrates et des républicains, s'était contentée d'analyser la performance des services du renseignement, accusant la CIA de s'être fourvoyée sur l'Irak et d'avoir exagéré la menace des ADM. Elle avait parallèlement affirmé "n'avoir trouvé aucune preuve que l'administration Bush ait tenté d'influencer ou de faire pression pour que des experts de la CIA modifient leurs conclusions" sur l'existence d'armes de destruction massive.
Cette assertion a été répétée mardi par le président républicain de la commission, Pat Roberts, qui a assuré que, sur 250 analystes du renseignement, aucun n'avait fait état de pression politique. L'administration a "utilisé les informations parce qu'elle y a cru", a-t-il noté, soulignant que les erreurs concernant les capacités du régime de Saddam Hussein relevaient d'un "échec mondial du renseignement".
(photo afp-Tom Sloan : Harry Reid)
avec AFP
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