© INTERNEL'Algérien Rachid Ramda, réclamé depuis dix ans par la France en liaison avec les attentats de 1995 dans le métro parisien, a perdu jeudi à Londres un ultime appel contre son extradition vers la France. La Cour d'appel de Londres a ainsi confirmé l'ordonnance d'extradition ordonnée par le ministre de l'Intérieur Charles Clarke le 6 avril dernier.
L'ultime recours, très hypothétique, offert à Rachid Ramda est de mettre en cause le jugement rendu jeudi sur "un point de droit d'importance générale", et non plus sur le fond du dossier. Si ses avocats le décident, ils doivent soumettre leur demande par écrit à la Cour d'ici 14 jours. Si celle-ci reconnaissait l'existence du "point de droit", les avocats pourraient alors se tourner vers la chambre des Lords (qui fait office au Royaume-Uni de Cour suprême) qui aurait également à décider de se saisir ou non de l'affaire.
Longue procédure
Rachid Ramda, 35 ans, qui n'était pas présent à l'audience, a été membre du Groupe islamique armé. Il est sous le coup de quatre mandats d'arrêt français : l'un pour "association de malfaiteurs terroriste", les trois autres pour sa participation aux attentats de 1995. Il est considéré par la justice française comme le financier des attentats de 1995 à Paris, dont celui du RER Saint-Michel (8 morts, 168 blessés). Il été arrêté il y a exactement dix ans, en novembre 1995, et la France n'a depuis cessé de réclamer son extradition.
Arrêté en novembre 1995, Rachid Ramda est le prisonnier détenu depuis le plus longtemps au Royaume-Uni dans l'attente d'une extradition. Il avait jusqu'à présent réussi à y échapper au fil d'une succession d'appels, causant souvent l'impatience des autorités françaises. Le Premier ministre britannique Tony Blair lui même avait estimé "complètement inacceptables" que des affaires judiciaires, telle celle de Ramda, traînent à ce point en longueur.
"En France dans quelques semaines"
Reste maintenant à savoir quand Rachid Ramda sera effectivement remis à la France. Pascal Clément, le Garde des Sceaux, estime que l'extradition pourrait avoir lieu "dans quelques semaines". Il a attribué le déblocage de la situation à un "changement de stratégie" qu'il a décidé à son arrivée place Vendôme, qprès s'être entretenu avec les autorités britanniques. "Il fallait contrevenir à un principe qui était que la France n'a pas besoin d'avocat dans une cour étrangère", a-t-il expliqué, ajoutant que la France avait alors pris un avocat britannique pour défendre sa cause.
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(croquis d'audience : Rachid Ramda)
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