Le futur gouvernement allemand en péril

le 02 novembre 2005 à 09h15 , mis à jour le 02 novembre 2005 à 09h27

L'Allemagne s'est encore un peu plus enfoncée dans la crise politique mardi avec le retrait du dirigeant bavarois Edmund Stoiber du gouvernement désigné d'Angela Merkel et la possibilité d'une renonciation du président des sociaux-démocrates Franz Müntefering.

allemagne stoiber © INTERNE

Angela Merkel, présidente de l'Union chrétienne-démocrate (CDU), n'est pas  encore officiellement chancelière et elle a déjà perdu son ministre de l'Economie. Le président de l'Union chrétienne-sociale (CSU), Edmund Stoiber, s'est  retiré du futur gouvernement de grande coalition qu'elle doit former avec le Parti social-démocrate (SPD). Son gouvernement apparaît même en péril, car un autre baron politique, Franz  Müntefering, n'a pas exclu de faire défection.

Après un désaveu subi en interne, le dirigeant social-démocrate, appelé à être vice-chancelier et ministre du Travail, a laissé ouverte la question de sa participation au futur gouvernement. Edmund Stoiber, déjà considéré comme le "trublion" du gouvernement Merkel, a estimé que le retrait de Franz Müntefering de la tête du SPD créait "une situation qui a changé", qualifiant le dirigeant social-démocrate de "pilier d'une grande coalition" entre conservateurs et sociaux-démocrates.

"Mal traité" par Angela Merkel

Des querelles entre Edmund Stoiber et Angela Merkel pourraient également expliquer sa décision de rester à la tête de sa Bavière natale. Selon la presse, M. Stoiber estime avoir été "mal traité" par la future chancelière, notamment dans la répartition des compétences entre son ministère et celui de l'Education appelé à être dirigé par une proche de Mme Merkel, Annette Schavan. Sans jamais la nommer, Edmund Stoiber avait également critiqué la campagne  électorale menée par la dirigeante conservatrice, lors d'un congrès des jeunes  de la CDU le 23 octobre.

Du coup, c'est Michael Glos, numéro deux du groupe parlementaire CDU-CSU,  qui récupère le portefeuille de l'Economie et des Nouvelles Technologies. Quant à Franz Müntefering, il a tiré les conséquences d'un camouflet infligé  par la direction de son parti qui a choisi de ne pas soutenir son candidat au  poste de secrétaire général, Kajo Wasserhövel, lui préférant Andrea Nahles,  représentante de l'aile gauche du SPD.

Toutefois, en un peu plus de 24 heures, les sociaux-démocrates ont réussi à  résoudre leur crise de direction et en ont profité pour effectuer une cure de  rajeunissement après l'ère du chancelier sortant, Gerhard Schröder, âgé de 61  ans, et de Franz Müntefering, 65 ans. C'est en effet un Allemand de l'Est âgé de seulement 51 ans, Matthias  Platzeck, qui sera le nouveau président du Parti social-démocrate, comme il l'a  lui-même annoncé mardi soir à Berlin. L'ensemble de la direction devrait d'ailleurs être fortement rajeuni à  l'issue d'une réunion du présidium du SPD, mercredi en fin d'après-midi, qui  doit ratifier les choix intervenus, lesquels devront être encore entérinés au  cours du congrès extraordinaire du SPD à Karlsruhe (sud-ouest), du 14 au 16  novembre.

Victoire à la Pyrrhus

La "tombeuse" de Franz Müntefering, Andrea Nahles, âgée de 35 ans, pourrait  donc bien avoir remporté une victoire à la Pyrrhus, car il est peu probable que  Matthias Platzeck, qui est un proche de Gerhard Schröder et a toujours été  favorable à sa douloureuse politique de réformes sociales de l'Etat-providence,  souhaite l'avoir à ses côtés à la direction du SPD. Avant l'annonce de la nomination de Matthias Platzeck à la tête du SPD,  Angela Merkel avait tenté de rassurer, en affirmant que sa volonté de former une  coalition gouvernementale avec le SPD demeurait intacte.  

Le chancelier sortant Gerhard Schröder était également intervenu pour dire  que "l'Allemagne a besoin d'un gouvernement stable et ce n'est possible, en  l'état actuel des choses, que dans une grande coalition". La date fixée pour l'élection de Mme Merkel par le Bundestag est le 22  novembre et celle pour la clôture des négociations de coalition le 12 novembre. Lors des élections législatives anticipées du 18 septembre dernier, aucun  des deux grands partis, chacun avec son allié respectif, les libéraux du FDP  pour la CDU-CSU et les Verts pour le SPD, n'avait pu obtenir de majorité absolue  des sièges.

(Image d'archive : Edmund Stoiber)

le 02 novembre 2005 à 09:15
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2 Commentaires

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  • Samuel, le 02/11/2005 à 15h44

    Non, c'est pire qu'en France. C'est de la maternelle politique qu'ils font, des gamins qui se retournent 10 fois dans leurs décisions et qui font du gnangnangnan quand des jeunes dynamiques sont prêts à prendre la relève. Vu la confiance du peuple allemand face à ce gouvernement d'attardés, j'ai vraiment peur de voir les extrèmes au pouvoir dans 5 ans, genre Sarkozy "Kärcher" capitaliste...

  • Lefevre, le 02/11/2005 à 10h36

    C'est un peu comme en France .Je t'aime moi non plus !

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