© INTERNEAngela Merkel, présidente de l'Union chrétienne-démocrate (CDU), n'est pas encore officiellement chancelière et elle a déjà perdu son ministre de l'Economie. Le président de l'Union chrétienne-sociale (CSU), Edmund Stoiber, s'est retiré du futur gouvernement de grande coalition qu'elle doit former avec le Parti social-démocrate (SPD). Son gouvernement apparaît même en péril, car un autre baron politique, Franz Müntefering, n'a pas exclu de faire défection.
Après un désaveu subi en interne, le dirigeant social-démocrate, appelé à être vice-chancelier et ministre du Travail, a laissé ouverte la question de sa participation au futur gouvernement. Edmund Stoiber, déjà considéré comme le "trublion" du gouvernement Merkel, a estimé que le retrait de Franz Müntefering de la tête du SPD créait "une situation qui a changé", qualifiant le dirigeant social-démocrate de "pilier d'une grande coalition" entre conservateurs et sociaux-démocrates.
"Mal traité" par Angela Merkel
Des querelles entre Edmund Stoiber et Angela Merkel pourraient également expliquer sa décision de rester à la tête de sa Bavière natale. Selon la presse, M. Stoiber estime avoir été "mal traité" par la future chancelière, notamment dans la répartition des compétences entre son ministère et celui de l'Education appelé à être dirigé par une proche de Mme Merkel, Annette Schavan. Sans jamais la nommer, Edmund Stoiber avait également critiqué la campagne électorale menée par la dirigeante conservatrice, lors d'un congrès des jeunes de la CDU le 23 octobre.
Du coup, c'est Michael Glos, numéro deux du groupe parlementaire CDU-CSU, qui récupère le portefeuille de l'Economie et des Nouvelles Technologies. Quant à Franz Müntefering, il a tiré les conséquences d'un camouflet infligé par la direction de son parti qui a choisi de ne pas soutenir son candidat au poste de secrétaire général, Kajo Wasserhövel, lui préférant Andrea Nahles, représentante de l'aile gauche du SPD.
Toutefois, en un peu plus de 24 heures, les sociaux-démocrates ont réussi à résoudre leur crise de direction et en ont profité pour effectuer une cure de rajeunissement après l'ère du chancelier sortant, Gerhard Schröder, âgé de 61 ans, et de Franz Müntefering, 65 ans. C'est en effet un Allemand de l'Est âgé de seulement 51 ans, Matthias Platzeck, qui sera le nouveau président du Parti social-démocrate, comme il l'a lui-même annoncé mardi soir à Berlin. L'ensemble de la direction devrait d'ailleurs être fortement rajeuni à l'issue d'une réunion du présidium du SPD, mercredi en fin d'après-midi, qui doit ratifier les choix intervenus, lesquels devront être encore entérinés au cours du congrès extraordinaire du SPD à Karlsruhe (sud-ouest), du 14 au 16 novembre.
Victoire à la Pyrrhus
La "tombeuse" de Franz Müntefering, Andrea Nahles, âgée de 35 ans, pourrait donc bien avoir remporté une victoire à la Pyrrhus, car il est peu probable que Matthias Platzeck, qui est un proche de Gerhard Schröder et a toujours été favorable à sa douloureuse politique de réformes sociales de l'Etat-providence, souhaite l'avoir à ses côtés à la direction du SPD. Avant l'annonce de la nomination de Matthias Platzeck à la tête du SPD, Angela Merkel avait tenté de rassurer, en affirmant que sa volonté de former une coalition gouvernementale avec le SPD demeurait intacte.
Le chancelier sortant Gerhard Schröder était également intervenu pour dire que "l'Allemagne a besoin d'un gouvernement stable et ce n'est possible, en l'état actuel des choses, que dans une grande coalition". La date fixée pour l'élection de Mme Merkel par le Bundestag est le 22 novembre et celle pour la clôture des négociations de coalition le 12 novembre. Lors des élections législatives anticipées du 18 septembre dernier, aucun des deux grands partis, chacun avec son allié respectif, les libéraux du FDP pour la CDU-CSU et les Verts pour le SPD, n'avait pu obtenir de majorité absolue des sièges.
(Image d'archive : Edmund Stoiber)
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