© AFPLes députés canadiens ont adopté lundi par 171 voix contre 133 une motion de censure, soutenue par les trois partis d'opposition et proclamant simplement "la Chambre a perdu confiance dans le gouvernement". Ces partis estiment que le parti libéral, au pouvoir depuis 12 ans, a "perdu l'autorité morale pour gouverner" en raison d'un scandale de corruption remis à la une de l'actualité au début du mois par le rapport d'une commission d'enquête.
Le Premier ministre, Paul Martin, s'est rendu mardi matin chez la gouverneure générale du Canada - représentante de la reine Elizabeth II, chef d'Etat du Canada - pour lui demander formellement de dissoudre la Chambre, lançant ainsi officiellement la campagne électorale. Il a convoqué des élections générales anticipées pour le 23 janvier. Cela fera une campagne de 56 jours, la plus longue des 20 dernières années.
Détournement de fonds
Coïncidence fâcheuse pour le Canada, la chute du gouvernement est intervenue le jour même où s'ouvrait à Montréal la conférence de l'Onu sur le changement climatique, à laquelle participent quelque 180 pays. Après sa défaite, Paul Martin s'est montré combatif devant ses partisans, affirmant que l'opposition aurait à répondre devant les électeurs d'avoir provoqué de force une élection, alors qu'elle n'a pas d'alternative à offrir.
Paul Martin était arrivé au pouvoir en décembre 2003 succédant à Jean Chrétien. Peu de temps après, il avait dû faire face à des révélations sur un scandale de corruption, datant de son prédécesseur. Le scandale porte sur des détournements de fonds lors d'une campagne de publicité visant à vanter les mérites de l'unité canadienne auprès des Québécois tentés par le séparatisme. C'est un rapport sur ce scandale, dit "des commandites" qui a servi de détonateur à la situation actuelle, même si Paul Martin a été personnellement blanchi.
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