© INTERNEL'ex-président tchadien Hissène Habré, qui avait été libéré vendredi après dix jours de détention, a une nouvelle fois été arrêté brièvement samedi à son domicile sur décision du ministre sénégalais de l'Intérieur, a annoncé à l'AFP un de ses avocats, Me Doudou Ndoye. "C'est une situation exceptionnelle dont on ignore les tenants et les aboutissants. Personnellement, je pense qu'il s'agit d'une mesure politique, proprement politique", a déclaré Hissène Habré.
"Le ministre de l'Intérieur (Ousmane Ngom) a signé un arrêté (selon lequel) il met Hissène Habré à la disposition du président de l'Union africaine (UA)", a déclaré Me Ndoye. "C'est un arrêté d'internement, un arrêté de prise de corps, ce n'est pas un arrêté d'expulsion", a affirmé l'avocat, interrogé sur le type du document officiel. Aucune indication n'a été fournie sur ce qui attendait Hissène Habré dans les locaux de la DIC.
Réfugié au Sénégal depuis 15 ans, Hissène Habré avait été arrêté le 15 novembre sous le coup d'un mandat d'arrêt international délivré par la justice belge. Celle-ci réclame son extradition sur la base d'une plainte déposée en 2000 par trois Belges d'origine tchadienne pour violations massives des droits de l'Homme. Saisie, la Chambre d'accusation de la Cour d'appel de Dakar a examiné la requête d'extradition et s'est déclarée vendredi incompétente pour se prononcer sur la question.
De nombreux Tchadiens et Sénégalais, qui s'étaient élevés contre l'extradition d'Hissène Habré vers la Belgique ont laissé éclater leur joie, en parlant de "décision réaliste", voire "historique", tandis que les défenseurs des droits de l'Homme et des victimes du régime de M. Habré, en faveur de son départ, estimaient que leur bataille n'était pas perdue. La décision d'extradition appartient en dernier au président sénégalais Abdoulaye Wade, seul habilité à signer un éventuel décret en la matière.
Interpellé par différentes personnalités et institutions en faveur de l'extradition de son hôte tchadien, M. Wade avait affirmé la semaine dernière qu'il consulterait l'UA avant de signer un éventuel décret d'extradition afin de montrer la dimension "africaine" du dossier.
D'après AFP
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