
Un ancien footballeur, surnommé "Mr George" contre une économiste, surnommée la "Dame de Fer" : le second tour de la présidentielle libérienne de ce mardi n'était pas banal. Quoi qu'il advienne, le résultat constituera en effet une première en Afrique : jamais une femme ou un ancien sportif n'ont été élus président.
1,3 million d'électeurs devaient les départager. George Weah, l'ancienne star du PSG et du Milan AC, arrivé en tête au premier tour avec environ 28% des voix (contre 19% à son adversaire) semblait avoir pris l'avantage dans la course aux soutiens avec l'appui de plusieurs personnalités en vue, dont Winston Tubman (arrivé 4e au premier tour), Varney Sherman (5e) et Sékou Conneh, l'ex-chef de la rébellion du Lurd (Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie). De son côté, Ellen Johnson Sirleaf, diplômée d'Harvard, a seulement rallié des politiciens de second plan, dont Jewell Howard Taylor, l'épouse de l'ancien dictateur Charles Taylor.
Lourde tâche
Mais que ce soit George Weah ou Ellen Johnson Sirleaf, le vainqueur aura la lourde tâche de redresser un pays détruit par la guerre civile et qui émerge d'une transition conduite par des élites incapables de rendre l'espoir à la population. Le nouveau président aura pour mission de sortir le pays de la misère totale -ni électricité, ni eau courante dans la capitale-, de la corruption, de l'insécurité et des conflits à répétition. Avec un taux de chômage qui dépasse 80%, le Liberia n'a quasiment pas d'industrie et l'instabilité a jusqu'à présent ruiné les espoirs d'investissements étrangers.
Le candidat Weah a bâti une campagne populiste qui a porté auprès des jeunes libériens, qui représentent près de 40% des électeurs. Pour ces jeunes, souvent ex-combattants eux-mêmes et en mal d'avenir, peu importe le fait que "King George" n'ait pas fait d'études secondaires ou qu'il soit sans expérience politique, deux arguments ressassés par ses adversaires avant le premier tour. En réponse, Weah a mis en avant son vécu de globe-trotteur et d'homme d'affaires basé à New York.
Résultat fin novembre
L'électorat de Ellen Johnson Sirleaf provient en revanche essentiellement de la minorité éduquée, dans un pays où le taux d'alphabétisation est d'environ 30%. La "Dame de fer" séduit également nombre de femmes convaincues qu'il est temps d'avoir une femme président en Afrique.
La participation semble avoir été légèrement inférieure à celle enregistrée lors du premier tour du 11 octobre, ont rapporté plusieurs observateurs. Les résultats officiels sont attendus le 22 novembre au plus tard.
(photo d'archives afp : George Weah en campagne)
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