Libye: décision fin janvier sur le sort des infirmières bulgares

le 14 novembre 2005 à 15h56 , mis à jour le 15 novembre 2005 à 09h29

La Cour suprême de Tripoli a reporté mardi au 31 janvier sa décision sur la recevabilité de l'appel des cinq infirmières bulgares et du médecin palestinien condamnés à mort pour avoir inoculé le virus du sida à des enfants.

Tripoli : 5 infirmières bulgares et un médecin palestinien condamnés à mort

La Bulgarie va devoir attendre la décision de la Cour suprême de Tripoli sur un appel de cinq infirmières bulgares et un médecin palestinien jusqu'au 31 janvier 2006. Ils ont été condamnés à mort le 6 mai 2004 pour avoir, selon la Libye, inoculé sciemment le virus du sida avec des produits sanguins à 426 enfants, dont une cinquantaine sont morts, à l'hôpital pédiatrique Al-Fatah de Benghazi au nord de la Libye. Le tribunal peut soit confirmer la peine de mort, soit ordonner un nouveau procès, soit reporter sa décision. “Nous n'avons pas beaucoup d'espoir car ma femme et ses collègues sont devenues un enjeu dans un contexte politique international. La Libye en fera le commerce au prix qu'elle désire", a déclaré Ivan Nenov, l'époux de l'une des infirmières détenues en Libye depuis 1999. En septembre, le Conseil de l'Europe avait conclu qu'il n'y “avait aucune preuve de leur culpabilité“. Dans une expertise, le professeur Luc Montagnier, découvreur du virus du sida, avait en effet affirmé que les contaminations avaient commencé bien avant l'arrivée des infirmières bulgares.

Des arrangements entre Sofia et Tripoli ?

Alors que la presse internationale fait état de possibles arrangements que Tripoli et Sofia négocieraient en secret, le ministre bulgare des Affaires étrangères, Ivaïlo Kalfin, a déclaré vendredi qu'il rejetait le versement de compensations financières aux familles des enfants malades. Il s'est également refusé à un "échange" des infirmières contre un officier libyen condamné à 27 ans de prison en Grande-Bretagne pour l'attentat de Lockerbie en 1988. "Il n'y a aucun lien entre les deux. Je ne veux pas voir les infirmières utilisées dans ce contexte", a déclaré le ministre. Quant au Premier ministre libyen, Choukri Ghanem, il a souligné qu'il s'agissait d'"un problème légal qui n'avait rien à voir avec la politique". L'affaire est devant un tribunal indépendant. Nous attendons sa décision et nous allons discuter ensuite", avait-il ajouté.

Georges W. Bush a demandé à plusieurs reprises la libération des condamnés tout en s'engageant à aider Tripoli, dont le système de santé est délabré, à combattre le sida. A Dubaï et à Washington, des journaux ont écrit récemment que Tripoli était "sur le point d'abolir la peine capitale afin d'ouvrir la voie à une commutation des peines des cinq Bulgares et du médecin palestinien".

En France, la chanteuse française d'origine bulgare Sylvie Vartan avait appelé à participer à une manifestation lundi à Paris pour demander l'annulation de la condamnation à mort des infirmières et du médecin. Cette manifestation a réuni lundi quelques dizaines de personnes.

Avec AFP

le 14 novembre 2005 à 15:56
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

16 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Edouard, le 16/11/2005 à 10h04

    Reponse à justice de paris crois tu vraiment que ces pauvres infirmieres aient volontairement contamines des enfants je crois que c,est tres mal connaitre ce pays et son dictateur qui le dirige

  • Robert Mage, le 15/11/2005 à 18h08

    Ce que subissent ces infirmières et ce médecin est profondément inhumain. Face à cette véritable torture psychologique, soyons solidaire et demandons aux différents gouvernements d'intercéder en faveur d'une issue plus heureuse.

  • Armand, le 15/11/2005 à 17h59

    Une mise-au-point s'impose: Le Pr Luc Montagnier était sur place avec d'autres experts, il en ressort que l'épidémie a débuté AVANT la mission de ces pauvres infirmier(e)s qui n'y sont pour rien. De plus, ils ont prouvé que ces hôpitaux libyens réutilisaient à outrance des seringues jetables dites "à usage unique", et du matériel non stérilisé (source RTL). En outre, la rançon de 6 millions de Dollars réclamés par Khadafi en échange de leur liberté correspond exactement à la somme que la Libye terroriste à dû verser aux familles des 270 victimes de l'explosion en vol du Boeing 747 à Lockerbie, comme par hasard. Enfin, ce n'est nullement une question de "Loi", car comme chacun le sait, la Diplomatie en est exempte, en bien ou en mal.

  • Mat, le 15/11/2005 à 17h28

    A Saz et Elvira : Il n'y a aucune preuve de leur culpabilité, tout ceci sent le bouc émissaire. Alors avant de juger à la vas vite, il faudrait quand même prendre le temps de réfléchir! Soit vous etes d'extreme droite, soit vous etes idiot (remarquez ça veut dire la meme chose!).

  • Franck, le 15/11/2005 à 13h31

    Et Fabius vous l'avez deja oublie? la contamination du sang en France...des centaines de personnes contaminees et aucune condamnation!

  • Steph, le 15/11/2005 à 12h55

    Elvira : leur culpabilité n'a même pas été prouvée (conseil de l'Europe) et tu demandes que justice soit faite, que fais-tu de la présomption d'innocence? Si tu vas en Lybie et qu'on te condamne à mort pour un crime que tu n'as pas commis, je ne pense pas que ton discours serait le même. Qu'ils donnent des preuves avant de les executer. Salutations

  • Samuel, le 15/11/2005 à 12h28

    Tout à fait d'accord avec saz de Lyon il n'y a pas débat. Sinon le premier pays que l'on doit montrer du doigt c'est les USA....

  • Yann, le 15/11/2005 à 11h23

    Une fois de plus la démagogie populiste de certains internaute le dispute à la stupidité la plus profonde. La peine de mort serait donc légitime dans cette affaire alors que les avocats de ces femmes indiquent qu'elles ont été torturées jusqu'à ce qu'elles signent des "aveux" complêts. C'est sans doute la réforme du système judiciaire que propose Elvira de PARIS, Saz de LYON et Justice de PARIS...

  • Au secours!, le 15/11/2005 à 10h56

    Et bien si la communauté internationale avait réagi de la même façon que toi, SAZ de Lyon, quand une pauvre femme avait été condamnée à la lapidation au Nigéria il y a quelques temps sous prétexte qu'il s'agissait de la punir selon la Loi de ce pays..... Quelle loi? Celle d'un pays reconnu depuis longtemps comme l'un des états les plus partisans du terrorisme à travers le monde il n'y a pas si longtemps? Est il prouvé ou non que les hôpitaux lybiens ne sont pas des exemples d'hygiène? Ces pauvres enfants ne représentent ils pas plutôt un bon moyen pour la Lybie de se rembourser les millions qu'elle doit payer pour indemniser les familles des victimes des attentats qu'elle a fomenté? Ce pays inflige là une triple peine : aux familles des enfants morts, qui ne sauront jamais qui sont les responsables de leur mort (si tant est qu'il y en ai), à la communuaté internationale, en condamnant à mort sans preuve 5 ressortissants étrangers, et aux familles des victimes des crimes qu'ils ont commis en prenant ce prétexte pour négocier la libération de leurs "otages". merci de me publier.

  • Elvira, le 15/11/2005 à 09h17

    "...condamnés à mort le 6 mai 2004 pour avoir, selon la Libye, inoculé sciemment le virus du sida avec des produits sanguins à 426 enfants, dont une cinquantaine sont morts ..." Alors que justice soit faite.merci de me publier.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience