© AFP - PIERRE-PHILIPPE MARCOUPlusieurs centaines de milliers d'Espagnols - un million selon la télévision nationale (TVE) - ont manifesté samedi à Madrid en présence d'évêques et de dirigeants de l'opposition de droite, contre un projet de réforme de l'éducation, prévoyant notamment de rendre facultatif l'enseignement de la religion catholique. Les associations catholiques de parents d'élèves ayant convoqué cette marche ont exigé le retrait du projet de loi du gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero. Les organisateurs et la Communauté autonome de Madrid, dirigée par l'opposition, ont avancé en début de soirée une participation de 1,5 million de personnes alors que la police n'avait pas encore fourni d'estimation.
Une foule dense arborant autocollants et pancartes pour une "éducation libre" ou hostiles au gouvernement Zapatero s'est pressée sur plusieurs kilomètres dans le centre de la capitale. Beaucoup de personnes âgées, des enfants, moins nombreux, et quelques religieuses défilaient au sein de ce cortège, commenté en direct par la radio de l'Eglise catholique, la Cadena Cope, à travers des haut-parleurs. Le chef de l'opposition, le président du Parti populaire (PP) Mariano Rajoy, et la Conférence épiscopale espagnole avaient appelé leur sympathisants à manifester. Le PP était représenté par une grande partie de son état-major, de son vice-président Angel Acebes à son porte-parole parlementaire, Eduardo Zaplana, en passant par la conseillère municipale madrilène Ana Botella, épouse de l'ex-chef du gouvernement José Maria Aznar. Plusieurs dignitaires de l'Eglise sont descendus dans la rue, comme le secrétaire de la Conférence épiscopale, José Antonio Martinez Camino, et six évêques et archevêques.
Choisir entre la religion catholique et un cours d'instruction civique
Le projet de loi contesté, qui doit être débattu bientôt par le Parlement, abroge notamment une réforme de l'ancien gouvernement Aznar qui faisait de l'enseignement de la religion catholique une matière obligatoire comptant pour le passage en classe supérieure ou l'entrée à l'université. Cette loi a été gelée, dès son arrivée au pouvoir en mars 2004, par le gouvernement Zapatero dont la réforme prévoit que "l'enseignement catholique sera obligatoirement offert par les centres éducatifs, mais se fera sur la base du volontariat pour les élèves". Les élèves pourraient ainsi choisir entre la religion catholique et un nouveau cours d'instruction civique, qualifié par le PP de "cours d'idéologie".
Les manifestants reprochaient aussi au gouvernement de vouloir limiter le choix des parents, en gérant lui-même les inscriptions dans les établissements scolaires et en indroduisant des quotas de places réservées aux élèves en difficulté - notamment issus de l'immigration - dans les écoles privées financées par l'Etat. Le gouvernement réfute catégoriquement ces accusations. Cette mobilisation constituait une nouvelle épreuve pour le gouvernement Zapatero, soumis à une guerre de tranchées de la droite sur tous les dossiers, et dont l'avance a fondu ces dernières semaines dans les sondages.
Photo d'ouverture : la manifestation de samedi à Madrid - AFP - PIERRE-PHILIPPE MARCOU
Retour MYTF1
Chargement en cours...




