Manifestation monstre à Madrid contre la réforme de l'éducation

le 12 novembre 2005 à 19h24 , mis à jour le 12 novembre 2005 à 19h34

Les Espagnols sont descendus samedi dans la rue par centaines de milliers, à l'appel des associations catholiques de parents d'élèves, pour protester contre un projet de réforme de l'éducation du gouvernement Zapatero. Il prévoit notamment de rendre facultatif l'enseignement de la religion catholique.

[Expiré] [Expiré] manifestation madrid education © AFP - PIERRE-PHILIPPE MARCOU

Plusieurs centaines de milliers d'Espagnols - un million selon la télévision nationale (TVE) - ont manifesté samedi à Madrid en présence d'évêques et de dirigeants de l'opposition de droite, contre un projet de réforme de l'éducation, prévoyant notamment de rendre facultatif l'enseignement de la religion catholique. Les associations catholiques de parents d'élèves ayant convoqué cette marche ont exigé le retrait du projet de loi du gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero. Les organisateurs et la Communauté autonome de Madrid, dirigée par l'opposition, ont avancé en début de soirée une participation de 1,5 million de personnes alors que la police n'avait pas encore fourni d'estimation.

Une foule dense arborant autocollants et pancartes pour une "éducation libre" ou hostiles au gouvernement Zapatero s'est pressée sur plusieurs kilomètres dans le centre de la capitale. Beaucoup de personnes âgées, des enfants, moins nombreux, et quelques religieuses défilaient au sein de ce cortège, commenté en direct par la radio de l'Eglise catholique, la Cadena Cope, à travers des haut-parleurs. Le chef de l'opposition, le président du Parti populaire (PP) Mariano Rajoy, et la Conférence épiscopale espagnole avaient appelé leur sympathisants à manifester. Le PP était représenté par une grande partie de son état-major, de son vice-président Angel Acebes à son porte-parole parlementaire, Eduardo Zaplana, en passant par la conseillère municipale madrilène Ana Botella, épouse de l'ex-chef du gouvernement José Maria Aznar. Plusieurs dignitaires de l'Eglise sont descendus dans la rue, comme le secrétaire de la Conférence épiscopale, José Antonio Martinez Camino, et six évêques et archevêques.

Choisir entre la religion catholique et un cours d'instruction civique

Le projet de loi contesté, qui doit être débattu bientôt par le Parlement, abroge notamment une réforme de l'ancien gouvernement Aznar qui faisait de l'enseignement de la religion catholique une matière obligatoire comptant pour le passage en classe supérieure ou l'entrée à l'université. Cette loi a été gelée, dès son arrivée au pouvoir en mars 2004, par le gouvernement Zapatero dont la réforme prévoit que "l'enseignement catholique sera obligatoirement offert par les centres éducatifs, mais se fera sur la base du volontariat pour les élèves". Les élèves pourraient ainsi choisir entre la religion catholique et un nouveau cours d'instruction civique, qualifié par le PP de "cours d'idéologie".

Les manifestants reprochaient aussi au gouvernement de vouloir limiter le choix des parents, en gérant lui-même les inscriptions dans les établissements scolaires et en indroduisant des quotas de places réservées aux élèves en difficulté - notamment issus de l'immigration - dans les écoles privées financées par l'Etat. Le gouvernement réfute catégoriquement ces accusations. Cette mobilisation constituait une nouvelle épreuve pour le gouvernement Zapatero, soumis à une guerre de tranchées de la droite sur tous les dossiers, et dont l'avance a fondu ces dernières semaines dans les sondages.

Photo d'ouverture : la manifestation de samedi à Madrid -  AFP - PIERRE-PHILIPPE MARCOU

le 12 novembre 2005 à 19:24
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7 Commentaires

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  • Alex broutin, le 15/11/2005 à 17h08

    Un million et demi d'espagnols on manifesté pour le maintien de leur religion.Mais avons-nous les véritables décrets de loi? de plus nous voyons des phrases comme : "En gérant lui-même"(Etât)"Introduisant des quotas"Je ne crois pas que ces termes seraient les bienvenus en France sur tous sujets,voire,sur la religion...laissons donc les valeurs des Espagnols,aux...Espagnols...

  • Galaad, le 14/11/2005 à 14h54

    C'est proprement insencé, des gens qui pronent une "éducation libre" pour défendre l'obligation de cours catho à l'école... Moi qui pensais que la liberté résidait dans le libre arbitre. D'accord avec ce qui a été dit "L'ecole est pas faite pour ca"

  • Reg, le 13/11/2005 à 15h03

    Les religieux ont donc si peur que la jeunesse ne se tournent plus vers eux de manière spontanée qu'ils en sont à devoir se battre pour obliger les gens à s'interresser à leurs textes en contradiction avec le reste des matières enseignées. Pathétique... Dieu bénisse les athées lol

  • Pedro, le 13/11/2005 à 11h09

    Je soutiens à fond Zapatero. Pourquoi tous les élèves seraient t- il obligés de suivre des cours de religion? En plus cela n' est mème pas retiré, il laisse le choix aux élèves de choisir... A quoi sert cette manifestation catho-conserva-droitière!!!! merci a TF1 de me publier

  • Toto, le 13/11/2005 à 03h47

    On commence à en avoir marre de ces religieux de tout poils ! Qu'ils enseigne leur religion à qui veulent bien les croire ! L'école n'est pas faite pour ça.

  • Muriel, le 12/11/2005 à 21h38

    Si les catholiques veulent leur religion obligatoire a l'ecole, qu'ils cessent de la faire financer par l'etat Ademas, comme on dit la-bas, s'ils ne veulent pas d'enfants d'immigres dans leurs ecoles privees, de quel droit se les font ils financer par l'etat? Meme chose pour la France: ecole libre OK, mais payez pour elle vous meme au lieu de pomper le contribuable qui est peut etre juif, musulman ou bouddhiste et qui ne recoit pas le droit correspondant.

  • Vincent, le 12/11/2005 à 20h37

    Les espagnols se prononcent , puique les socialistes attachent tant d'importance à la rue , zapatero se doit de retirer sa loi , et oui , on ne passe pas impunément des lois anti-cléricales dans un pays composé de fervants catholiques. No pasaran! Vivement que le parti populaire repasse aux affaires , ce zapatero commence à agacer les espagnols.

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