Merkel entre à la Chancellerie

le 22 novembre 2005 à 07h00 , mis à jour le 22 novembre 2005 à 21h41

Les députés ont officiellement désigné ce mardi la présidente de la CDU comme première chancelière de l'histoire de l'Allemagne. Son gouvernement de "grande coalition" est entré en fonctions dans la soirée après la passation de pouvoirs avec Schröder.

merkel serment

Plus de deux mois après sa courte victoire aux élections législatives et à l'issue de négociations serrées pour  former le deuxième gouvernement de "grande coalition" qu'ait connu la République  fédérale, Angela Merkel est officiellement  devenue mardi matin la première chancelière de l'histoire de l'Allemagne.

La présidente de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) a recueilli la majorité des suffrages des députés du Bundestag, soit 397 voix sur 614. Sur les 612 députés présents, 202 se sont prononcés contre, 12 se sont abstenus et une voix était nulle. La majorité absolue était de 308 voix.  Une cinquantaine de députés des trois partis de lacoalition au pouvoir ont donc voté contre Angela Merkel. Celle-ci a ensuite prêté serment un peu plus tard.

Après la cérémonie de passations des pouvoirs avec Schröder, le second gouvernement de "grande coalition" de l'Allemagne, après celui de Kurt Georg Kiesinger (CDU) de 1966 à 1969, s'est réuni  pour la première fois en soirée. Dès mercredi, Angela Merkel fera sa première visite de Chancelière à l'étranger, à Paris.

Deux mois de lutte

Cette élection est la fin d'un parcours du combattant qui avait démarré le 18 septembre. Handicapée par un programme aux accents libéraux, une campagne trop terne et la remontée du chancelier social-démocrate sortant Gerhard Schröder, Angela Merkel avait vu sa confortable avance dans les sondages réduite à un point (35,2% contre 34,2%). Incapables de former une coalition avec leur allié naturel - les libéraux  du FDP pour les conservateurs, les Verts pour le SPD - les deux "partis populaires" ont été contraint de définir un programme commun de gouvernement,  établissant une relation de confiance impensable l'été dernier. Après quatre semaines de discussions, marquées par des crises au sein des deux formations, les deux camps ont accouché le 11 novembre d'un texte baptisé  "Prendre nos responsabilités : courage et humanité".

 Abandonnant une grande partie du programme libéral de la CDU, ce programme prévoit une réduction drastique des dépenses, des hausses d'impôts, la TVA passant de 16 à 19% en 2007, contrebalancés par un  programme d'investissements de 25 milliards d'euros dès 2006 pour "remettre l'Allemagne dans le peloton de tête" de l'Europe, selon Mme Merkel. Mais pour faire repartir la croissance, en berne depuis 2001, le futur  gouvernement va encore creuser le déficit et violer la Constitution allemande en contractant plus de nouvelles dettes qu'il n'engage d'investissements. Les Verts et le Parti de gauche (néo-communistes) n'ont pas exclu de porter plainte auprès de la Cour constitutionelle. Ce budget est aussi critiqué par la  presse, le quotidien Süddeutsche Zeitung estimant "hypothétique que l'économie  se redresse en si peu de temps". Face à ces attaques, en particulier aussi des milieux économiques, le  gouvernement (8 sociaux-démocrates, 8 conservateurs) a resserré les rangs,  faisant front commun.

(photo : Angela Merkel lors de sa prestation de serment)

le 22 novembre 2005 à 07:00
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3 Commentaires

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  • Pirate, le 22/11/2005 à 19h48

    Oui Moimeme, Spechbach en effet c'est un bon point qu'elle se rende a Paris pour sa 1ere sortie. Mais j'ai peur qu'elle ne devienne le petit chien de Bush et Blair. Elle a dit il me semble qu'elle veut se raprocher des USA et de l'Angleterre :(

  • Moimeme, le 22/11/2005 à 14h33

    Bon point 1iere visite de madame merckel a paris donc l'axe paris berlin tient toujours pourvu que ca dure

  • Guillaume BdeJ, le 22/11/2005 à 14h18

    ''Handicapée par un programme aux accents libéraux'' -Il travaille pour la CGT votre journaliste? Ce n'est pas croyable d'entendre de tels propos a l'aube du XXIeme siecle.

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