
Le 16 août 2005, 152 passagers français et leurs 8 membres d'équipage colombiens périssaient dans l'accident de l'avion charter qui les ramenait en Martinique après une semaine passée au Panama. Quelles étaient les raisons du crash ? Equipage surmené, mauvais entretien de l'appareil, ou mauvaises conditions de vol ? Cette dernière hypothèse est celle que privilégie la compagnie, en citant des éléments d'un rapport américain. Mais le Bureau français d'Enquêtes et Analyses (BEA), qui participe à l'enquête, juge une telle conclusion plutôt hâtive...
Crash de la West Caribbean: l'enquête relancée par un rapport
Selon Le Figaro, l'enquête recommande à Boeing de réévaluer le calage des alarmes sonores de décrochage de ses appareils. Un élément accablant pour les familles des victimes.
Publié le 16/08/2010
Jorge Pérez, le président de la West Caribbean, s'appuyant sur un rapport du Bureau national américain de la sécurité des transports (NTSB), a ainsi affirmé lundi que ce crash était "dû à des causes météorologiques et à une perte de contrôle liée à un excès de givre sur les ailes. (...) Ce n'est pas que l'avion était en mauvais état comme l'ont dit de manière insistante les médias", a-t-il déclaré au journal El Colombiano. L'avion est entré dans une zone de turbulences et a accumulé "tellement de glace qu'il n'est pas descendu le nez vers le bas mais vers le haut", a indiqué M. Pérez. "La formation de glace est un problème que l'équipage a tenté de résoudre en changeant d'altitude mais à aucun moment, ne s'est profilée une situation d'urgence".
"Aucun des éléments de l'enquête ne permet de tirer cette conclusion"
Pourtant, cette hypothèse de l'accident dû à la météo reste pour l'heure... une hypothèse, selon le BEA, qui "regrette que l'exploitant tire des conclusions hâtives sur cet accident, sur la base d'un seul des éléments tirés des premières constatations de l'enquête". Selon El Colombiano, le rapport de la NTSB signale que "les deux moteurs tournaient à très grande vitesse au moment de l'impact". Les enregistrements de conversations à bord montrent aussi, selon les mêmes sources, que "l'équipage discutait des mauvaises conditions météorologiques dont une possible formation de glace". Le BEA avait lui-même, le 22 novembre, communiqué des conclusions similaires selon lesquelles "les deux moteurs (portaient) des traces de vitesses de rotation élevées des compresseurs au moment de l'impact", ce qui veut dire qu'ils étaient en état de marche. Mais ces éléments ne permettent pas à eux seuls, selon le BEA, de reconstituer le scénario du drame.
"Les premières informations validées de l'enquête sont à prendre globalement, sans en dissocier une seule, et sans faire d'interprétation car elles sont trop parcellaires", insiste-t-on au BEA. Et concernant l'hypothèse d'un excès de givre à l'origine du crash : "aucun des éléments de l'enquête ne permet de tirer cette conclusion", affirme le BEA.
Photo : sur les lieux du crash, au Venezuela (archives)
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