Mini-crise entre Tunis et Paris avant le Sommet de l'information

le 15 novembre 2005 à 16h35 , mis à jour le 15 novembre 2005 à 21h57

Après un nouvel "incident" impliquant cette fois TV5, le Quai d'Orsay a appelé ce mardi la Tunisie à garantir "la liberté d'information et le libre exercice par les journalistes de leur métier". Les autorités tunisiennes ont qualifié d'"inexplicables et inadmissibles" les déclarations du ministère français des Affaires étrangères.

Photo : Fethi Belaid (AFP) © INTERNE

Vendredi, Christophe Boltanski, envoyé spécial de Libération à Tunis, était victime d'une agression en plein centre de la capitale. Il était présent dans le pays pour enquêter sur les droits de l'homme, à quelques jours du Sommet mondial sur la société de l'information de l'ONU. Dimanche, la France demandait aux autorités tunisiennes une enquête pour faire "toute la lumière" sur les faits. Après les protestations unanimes venants de l'Hexagone -presse, partis politiques-, Tunis se contentait d'indiquer qu'une enquête suivait son cours pour retrouver les agresseurs et estimait qu'un "incident comme celui-ci peut survenir dans toutes les capitales du monde". Deux suspects ont d'ailleurs été incarcérés mardi.

Lundi soir, une équipe de la télévision belge RTBF, était également molestée par plusieurs individus, un incident démenti par les autorités. Enfin, ce mardi, le ministère français des Affaires étrangères, sans donner plus de précisions, annonçait un nouvel "incident" avec la chaîne TV5.

"Sans vérification aucune"

En réaction à ces problèmes, Philippe Douste-Blazy a appelé la Tunisie à garantir "la liberté d'information et le libre exercice par les journalistes de leur métier". "Nous souhaitons que cette liberté de l'information soit respectée en Tunisie comme ailleurs dans le monde et a fortiori à l'occasion de ce sommet mondial sur la société de l'information", a ajouté le porte-parole du ministère. Il s'est néanmoins efforcé de faire la différence entre la situation des droits de l'Homme en général et de la presse en particulier en Tunisie et le sommet "très important organisé par l'Onu". Le Quai d'Orsay précise que "la France y sera représentée en ayant à l'esprit les objectifs du sommet", dont celui "de réduire la fracture numérique entre les pays du Nord et les pays du Sud".

Les autorités tunisiennes ont qualifié mardi d'"inexplicables et inadmissibles" des déclarations du ministère français des Affaires étrangères. "Sans vérification aucune, le porte-parole évoque un 'incident' qui serait survenu, selon lui, aujourd'hui (mardi), alors qu'il aurait dû savoir qu'aucune équipe de TV5 n'était présente ce jour à Tunis", a ajouté cette source qui a requis l'anonymat.

(photo d'archives afp : Ben Ali, le président tunisien)

le 15 novembre 2005 à 16:35
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9 Commentaires

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  • Sarah, le 16/11/2005 à 14h51

    Je trouve que le président est un apprenti dictateur il a enprisonné beaucoup de personnes pour avoir donné leur avis sur la politique et sur le président;il abuse de son pouvoir c'est quand meme etonnant d'etre elu a plus de 99%

  • AHMED HAMDANI ZOUAD, le 16/11/2005 à 11h29

    Avant de donner des leçons aux autres il y a lieu d'abord de balayer devant sa porte. Le monde change et la télévision satellitaire a permis d'avoir une meilleure idée du monde dans lequel nous vivions. La FRANCE qu'on croyait être la PATRIE DES DROITS DE L'HOMME ET DE LIBERTE n'est plus qu'une veille image. ARRETTEZ DE DONNER DES LECONS AUX AUTRES. L'AFFAIRE DE LA TELEVISION LIBANAISE EL MANAR EST LA ENTRE POUR NOUS DONNER UNE IDEE DE LA LIBERTE DE LA PRESSE EN FRANCE.

  • Depalma, le 16/11/2005 à 11h15

    Faire l'amalgame entre le manque liberté de la presse en tunisie et des journalistes agressés pendant les émeutes de banlieue n'a aucun sens. Que ceux qui le font réfléchissent un minimum...

  • Mat, le 16/11/2005 à 09h52

    Il est quand même flagrant d'observer à quel point les dirigeants français ne peuvent s'empêcher de donner des leçons aux pays voisins.... combien de journalistes étrangers ont été molesté lors des récentes émeutes ?.... une paire à mon avis

  • Citoyen, le 16/11/2005 à 03h51

    Organiser un "Sommet mondial sur la société de l'information" en Tunisie est plutot ironique.

  • Eric, le 15/11/2005 à 23h46

    Je vous cite: Le Quai d'Orsay a appelé ce mardi la Tunisie à garantir "la liberté d'information et le libre exercice par les journalistes de leur métier", mais la France devrait bien se garder de tels commentaires, car depuis le retour de la droite au pouvoir, l'information n'est plus libre et objective. Prenez-en bonne note messieurs les censeurs de TF1, vous qui êtes les premiers à filtrer ce qui est censé donc dérangeant pour votre politique de l'autruche.

  • Mohamed jarry, le 15/11/2005 à 21h33

    IL faut demander des comptes au président Bénali,qui a emprisonner des centaines de prisonniers politique, leurs avocats font la grève de la fain, on a couper le téléphone à des opposants,il y a la torture,ect... Il faut voir derrière le tourisme ce qu'il s'y cache: la dictature, un pays qui fait 96,9% de voie, on peut se poser des questions, il faut que la France proteste contre ces pratiques d(intimidations!!!

  • Dowsher, le 15/11/2005 à 19h33

    Les francais aussi doivent se justifier sur la mort des 2 jeunes enfants d'immigres a clichy sous bois. l'un etait tunisien. la france n'a rien a imposer a la tunisie ,etat independant .

  • Terry, le 15/11/2005 à 19h18

    1) des journalistes aggresses, caillasses, battus, menaces de mort, dont le materiel a ete detruit, c'est arrive la semaine derniere en France, dans les banlieues de Paris... 2) ils vont enqueter sur le respect douteux des Droits de l'Homme a Tunis lors du Sommet de l'Information, et c'est a ce genre de pays majoritaire a l'ONU que l'on voudrait remettre le controle d'internet (voir article en section "Multimedia"). Ca donne a reflechir...

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