© INTERNEVendredi, Christophe Boltanski, envoyé spécial de Libération à Tunis, était victime d'une agression en plein centre de la capitale. Il était présent dans le pays pour enquêter sur les droits de l'homme, à quelques jours du Sommet mondial sur la société de l'information de l'ONU. Dimanche, la France demandait aux autorités tunisiennes une enquête pour faire "toute la lumière" sur les faits. Après les protestations unanimes venants de l'Hexagone -presse, partis politiques-, Tunis se contentait d'indiquer qu'une enquête suivait son cours pour retrouver les agresseurs et estimait qu'un "incident comme celui-ci peut survenir dans toutes les capitales du monde". Deux suspects ont d'ailleurs été incarcérés mardi.
Lundi soir, une équipe de la télévision belge RTBF, était également molestée par plusieurs individus, un incident démenti par les autorités. Enfin, ce mardi, le ministère français des Affaires étrangères, sans donner plus de précisions, annonçait un nouvel "incident" avec la chaîne TV5.
"Sans vérification aucune"
En réaction à ces problèmes, Philippe Douste-Blazy a appelé la Tunisie à garantir "la liberté d'information et le libre exercice par les journalistes de leur métier". "Nous souhaitons que cette liberté de l'information soit respectée en Tunisie comme ailleurs dans le monde et a fortiori à l'occasion de ce sommet mondial sur la société de l'information", a ajouté le porte-parole du ministère. Il s'est néanmoins efforcé de faire la différence entre la situation des droits de l'Homme en général et de la presse en particulier en Tunisie et le sommet "très important organisé par l'Onu". Le Quai d'Orsay précise que "la France y sera représentée en ayant à l'esprit les objectifs du sommet", dont celui "de réduire la fracture numérique entre les pays du Nord et les pays du Sud".
Les autorités tunisiennes ont qualifié mardi d'"inexplicables et inadmissibles" des déclarations du ministère français des Affaires étrangères. "Sans vérification aucune, le porte-parole évoque un 'incident' qui serait survenu, selon lui, aujourd'hui (mardi), alors qu'il aurait dû savoir qu'aucune équipe de TV5 n'était présente ce jour à Tunis", a ajouté cette source qui a requis l'anonymat.
(photo d'archives afp : Ben Ali, le président tunisien)
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