© AFP - KARIM SAHIBLa mort d'Ezzat Ibrahim al-Douri, ancien numéro deux du régime de Saddam Hussein et deuxième homme le plus recherché en Irak par les Américains après le Jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui, a été annoncée vendredi par un communiqué signé du parti Baas dissous. "Le chef de la résistance et des résistants moudjahidine est mort vendredi 11 novembre à 02H20", affirme ce texte signé du parti Baas socialiste arabe - Commandement de l'Irak, dont l'authenticité ne pouvait être immédiatement confirmée.
Ezzat Ibrahim al-Douri était soupçonné de financer la rébellion par les Américains qui avaient mis sa tête à prix pour dix millions de dollars. Numéro 6 sur la liste des 55 personnes les plus recherchées par l'armée américaine, Ezzat Ibrahim, 62 ans, était le plus haut dignitaire de l'ancien régime encore en fuite. Si son décès devait être confirmé, Taha Yassine Ramadan, l'ancien vice-président aujourd'hui détenu par les Américains, et Saddam Hussein, seraient les seuls survivants des responsables du coup d'Etat de 1968 ayant porté le parti Baas au pouvoir.
L'exécuteur des basses oeuvres de Saddam Hussein
Promu général de corps d'armée sous Saddam Hussein, alors qu'il n'avait aucune formation militaire ni éducation générale, Ezzat Ibrahim est l'un des rares à avoir survécu aux innombrables purges du régime. Dépourvu d'ambition personnelle, cet homme grand et sec, portant une moustache rousse, jouissait de la confiance du dictateur dont il n'hésitait pas à exécuter les basses oeuvres. Ezzat Ibrahim, qui représentait la droite sunnite fondamentaliste au sein de la direction du Baas, était connu pour utiliser l'argent de l'Etat afin de financer les instituts religieux fondamentalistes. Il a contribué au "tournant religieux" de Saddam Hussein après 1991.
Saddam Hussein ne quittant plus l'Irak depuis la guerre du Golfe, Ezzat Ibrahim a régulièrement représenté son pays aux sommets arabes et islamiques où il s'est fait connaître pour ses déclarations à l'emporte-pièce. Il pouvait montrer alternativement les deux visages du régime: souriant pour gagner des alliés, ou impitoyable et brutal si on osait lui résister. Lors d'un sommet panislamique à Doha, il avait notamment traité le chef adjoint de la diplomatie koweïtienne, Mohammed Sabah Al-Sabah, de "singe" et de "valet" après un appel du Koweït au départ de Saddam Hussein.
En 1988, il faisait partie du comité chargé du nord quand les armes chimiques ont été utilisées contre le mouvement kurde, notamment dans la ville d'Halabja. Il ne s'en cachait guère et à la veille de la guerre du Golfe en 1991, il aurait lancé un sinistre avertissement aux Kurdes: "Si vous avez oublié Halabja, nous sommes prêts à répéter l'opération". Un mandat d'arrêt pour crimes de guerre avait été lancé contre lui en 1999 alors qu'il se faisait soigner à Vienne pour une leucémie mais il avait pu éviter l'arrestation de justesse. Depuis la chute du régime en avril 2003, il était traqué sans relâche par les GI's qui ont arrêté en 2003 une de ses quatre épouses et une de ses filles à Samarra. Quatre de ses neveux avaient été également arrêtés en novembre 2004. Son arrestation avait été annoncée le 5 septembre 2004 par les autorités irakiennes pour être démentie tout de suite.
Photo d'ouverture : Ezzat Ibrahim al-Douri passant en revue les troupes irakiennes - AFP - KARIM SAHIB
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