© INTERNETout bonnement chassé. Le secrétaire général de l'organisation française Reporters sans frontières (RSF), Robert Ménard, venu participer au Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI) a été refoulé jeudi de Tunisie. Arrivé à bord d'un vol Air France, Robert Ménard, qui accuse depuis des années la Tunisie de violer la liberté d'expression, s'est vu demander de rester à bord de l'appareil avec lequel il a regagné son pays en début d'après-midi.
"Je suis sidéré. J'ai tous les papiers en règle pour entrer dans ce pays, un passeport et un numéro d'accréditation au SMSI, et on me dit que je ne peux pas entrer", a-t-il déclaré au téléphone avec Jean-François Julliard l'un de ses collaborateurs de RSF et à des journalistes.
Violences et saccages
Les autorités tunisiennes ont indiqué qu'il n'avait pas été autorisé à débarquer car il était "sous le coup d'une instruction judiciaire en cours pour violences et saccages de biens publics tunisiens en France". Robert Ménard avait participé en 2001 à une protestation contre les violations de libertés publiques en Tunisie dans les locaux de l'Office du tourisme tunisien à Paris. Il a donc "été prié ce jour de quitter le territoire tunisien en attendant de recevoir une convocation du magistrat en charge de l'affaire", a-t-on déclaré de source officielle tunisienne.
La justice française avait "ordonné en référé son expulsion des lieux et sa poursuite pour obstruction par la violence à la liberté de travail dans un établissement public et destruction volontaire de bien d'autrui" et une plainte avait été déposée à Tunis, a-t-on ajouté de même source.
"Un double langage"
L'Union internationale des télécommunications (UIT), agence de l'Onu chargée des accréditations au SMSI avait estimé mercredi que ces poursuites étaient "visiblement étrangères à sa participation au SMSI". "Les dispositions de l'accord avec le pays hôte relatives à l'immunité juridictionnelle ne sont pas applicables", avait ajouté l'UIT. "Les propos indécents tenus en outre hier (mercredi) par Robert Ménard à l'égard des Nations Unies, dont il qualifie les fonctionnaires de 'faux-culs' et où il se définit lui-même comme 'fou furieux' sont suffisamment éloquents, et se passent de tout commentaire", ont souligné les autorités tunisiennes.
Devenu, selon Jean-François Julliard, présent à Tunis avec d'autres membres de RSF accrédités au SMSI, "la bête noire (du président Zine El Abidine) Ben Ali", Robert Ménard a en outre accusé le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, de tenir "un double langage". "Douste-Blazy fait de grandes déclarations à Paris, mais il ne veut pas se fâcher avec les Tunisiens", a-t-il déclaré par téléphone.
Le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères a "regretté" que "dans ce cas particulier, aucune solution n'ait pu être trouvée". "C'est devenu une affaire quasi personnelle (ndlr: entre MM. Ménard et Ben Ali) puisque il y a des représentants de RSF au SMSI. Ce sont les autorités tunisiennes qui bloquent", a déclaré Jean-François Julliard.
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