© afpDepuis sa défaite face à Amir Peretz pour la direction des travaillistes israéliens, Shimon Peres, qui a pratiquement exercé toutes les fonctions ministérielles au cours d'une carrière politique de plus d'un demi-siècle, avait maintenu le flou sur ses intentions. Il avait simplement déclaré lundi aux journalistes qu'il allait "devoir prendre d'ici deux jours une décision très difficile" - et beaucoup soupçonnaient que cette figure historique du parti travailliste pourrait rejoindre Kadima, la nouvelle formation de centre droit créée par Ariel Sharon après sa rupture avec le Likoud. Ariel Sharon avait lui-même laissé récemment entendre qu'il poursuivrait sa collaboration avec Shimon Peres, vice-Premier ministre dans le gouvernement actuel, peu avant la démission des ministres travaillistes. Les derniers doutes semblent s'être envolés mardi soir : l'ancien dirigeant travailliste aurait effectivement pris la décision de rallier Kadima, selon la première chaîne publique de la télévision israélienne.
Selon la télévision, qui n'a pas cité de source, Shimon Peres, 82 ans, devrait annoncer publiquement après son retour de Barcelone sa décision de démissionner du parti travailliste et de rejoindre Kadima en vue des élections législatives anticipées du 28 mars. Mardi soir en effet, il assistait dans la ville espagnole à un "match pour la paix" au Proche-Orient opposant une équipe de football composée de joueurs israéliens et palestiniens et le club champion d'Espagne, le FC Barcelone. Plus nuancée que la télévision, la radio publique israélienne, citant des proches de Shimon Peres, avait peu auparavant indiqué que ce dernier devrait annoncer incessamment sa décision de soutenir "de l'extérieur" le parti de Sharon, sans le rallier formellement.
Un ministère pour Peres en cas de victoire de Kadima ?
La télévision israélienne a précisé que Shimon Peres avait conditionné son ralliement au parti Kadima à celui de la députée travailliste Dalia Yitzhik. Ex-ministre des Communications et proche de Peres, celle-ci a démissionné la semaine dernière de ses fonctions, comme les autres ministres travaillistes, puis a annoncé son ralliement au parti de Sharon. Ariel Sharon a aussi obtenu le soutien d'un autre transfuge travailliste, le ministre sans portefeuille Haïm Ramon.
Selon des sources proches d'Ariel Sharon, ce dernier pourrait promettre un poste ministériel ou une autre fonction importante à Shimon Peres en cas victoire de sa liste aux élections. Selon plusieurs enquêtes d'opinion, Kadima est crédité d'au moins 30 sièges sur 120, lors des prochaines législatives, les travaillistes de plus de 25 (contre 22 actuellement) et le Likoud de moins de 15 contre 40 dans le Parlement élu en janvier 2003. Dans cette hypothèse, aucun parti ne disposerait de la majorité nécessaire pour former un gouvernement et la reconduction d'un gouvernement d'union, Sharon-travaillistes paraît la plus probable, selon les analystes.
Photo d'ouverture : à gauche, Shimon Peres ; à droite, Ariel Sharon - archives
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