
Shimon Peres, un des dirigeants historiques du Parti travailliste israélien, a annoncé mercredi qu'il quittait sa formation et apportait son soutien public à Kadima, le nouveau parti d'Ariel Sharon qui a le vent en poupe à quatre mois des législatives. Cette annonce, bien qu'attendue depuis plusieurs jours, n'en constitue pas moins un fait rare dans la vie politique israélienne. En 1977, le général Moshé Dayan, travailliste, avait rejoint le gouvernement du Likoud de Menahem Begin dans la perspective d'un accord de paix avec l'Egypte.
"Mon action au sein du parti est arrivé à son terme. J'ai décidé de soutenir Ariel Sharon qui est le seul à pouvoir mener une coalition pour la paix", a déclaré à la presse Shimon Peres, 82 ans, peu après son retour de Barcelone, où il avait présidé la veille un "match pour la paix" au Proche-Orient opposant une équipe de footballeurs israéliens et palestiniens et le club champion d'Espagne, le FC Barcelone. Le lauréat du prix Nobel de la paix 1994, qui a derrière lui plus d'un demi-siècle de carrière politique ainsi qu'un passé d'éternel perdant mais toujours battant, a cependant évité de dire s'il adhérerait au parti Kadima nouvellement créé par Ariel Sharon.
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"Je me demande à quel domaine je pourrais le mieux contribuer dans les prochaines années. La réponse est : faire progresser le processus de paix, ce qui apportera également une prospérité économique et une justice sociale", a-t-il dit, en confiant que sa décision avait été "difficile". "L'homme le mieux à même de réaliser cela est Ariel Sharon", a-t-il dit, "j'ai eu des entretiens avec lui et je suis convaincu qu'il est déterminé à poursuivre le processus de paix et à le démarrer immédiatement après les élections" législatives prévues pour le 28 mars. Selon lui, Ariel Sharon "est attentif à des idées novatrices pour parvenir à la paix et à la sécurité. J'ai donc décidé de soutenir son élection et de coopérer avec lui pour parvenir à ces objectifs".
Longtemps prophète d'un "nouveau Moyen-Orient", Shimon Peres a par ailleurs proposé la création d'un "triangle économique" constitué d'Israël, de la Jordanie et des Palestiniens "qui bénéficierait d'un statut particulier auprès de l'Union européenne". Il a indiqué qu'il comptait "mobiliser des ressources internationales dans le secteur gouvernemental et privé" et entamer des discussions avec les Etats-Unis "pour assurer la sécurité de la région face au danger iranien et à celui du terrorisme".
Ces derniers mois, Shimon Peres n'a pas caché sa conviction qu'Ariel Sharon était le seul capable de démanteler des colonies juives en Cisjordanie et de progresser sur la voie de la paix avec les Palestiniens. Faisant fi des réticences de l'extrême droite et des "rebelles" du Likoud, son ancien parti, Ariel Sharon a réalisé en septembre le retrait israélien de la bande de Gaza, après le démantèlement des 21 implantations de ce territoire et l'évacuation des 8.000 colons juifs qui y vivaient. Le parti Kadima a déjà bénéficié de l'apport de deux transfuges travaillistes, la députée Dalia Yitzhik, une ex-ministre des Communications, et l'ancien ministre sans portefeuille Haïm Ramon.
Photo d'ouverture : la conférence de presse de Shimon Peres - DR
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