© INTERNELa CIA possède-t-elle à l'étranger des "prisons secrètes" où elle interne des prisonniers, notamment des terroristes présumés d'Al Qaïda ? Le Washington Post l'affirmait mercredi, parlant de huit pays et citant la Thaïlande, l'Afghanistan et "plusieurs pays démocratiques d'Europe de l'Est", qu'il refusait de nommer pour "raisons de sécurité".
Jeudi, l'organisation américaine de défense des droits de l'homme Human Rights Watch a abondé dans le sens du quotidien, indiquant que les pays d'Europe de l'Est où seraient installés ces "sites noirs" sont la Pologne et la Roumanie. Elle n'exclut pas la présence d'autres "détenus fantômes" des services de renseignements américains dans d'autres pays d'Europe de l'Est.
Un Boeing 737 mystérieux
Elle se base notamment sur des enregistrements de plans de vol. Selon elle, un Boeing 737 aurait effectué des rotations entre l'Afghanistan et des pays du Moyen-Orient et l'Europe de l'Est. L'ONG évoque notamment un vol entre Kaboul et le nord-est de la Pologne le 22 septembre 2003, le mois où "nous savons que plusieurs prisonniers qui étaient détenus par la CIA en Afghanistan ont été transférés hors d'Afghanistan". Le lendemain, ajoute-t-elle, le même appareil a atterri sur une base militaire roumaine dont la piste avait été fermée au public et aux médias.
La Pologne et la Roumanie, fidèles alliées de George W. Bush, ont démenti les accusations d'Human Rights Watch. "J'ai l'impression que cette affaire ne concerne pas la Pologne", a déclaré Adam Rotfeld, ministre des Affaires étrangères jusqu'à lundi dernier. A Bucarest, le Premier ministre roumain Calin Tariceanu a de même démenti l'existence de "sites noirs" sur le territoire de son pays.
Enquête de l'UE
Alors que les Etats-Unis se refusent à tout commentaire, la Hongrie, la Slovaquie et la Bulgarie, qui pourraient être les trois autres pays, ont également démenti, tout comme la Thaïlande et la Russie. Seul le ministre tchèque de l'Intérieur, Frantisek Bublan, a reconnu que les Etats-Unis avaient adressé à Prague une requête en vue d'installer un centre de détention pour des prisonniers de la base de Guantanamo, tout en assurant que son gouvernement l'avait rejetée.
De son côté, la Commission européenne a souligné que des prisons secrètes de la CIA dans l'UE ne seraient pas compatibles avec ses valeurs. Elle a fait savoir qu'elle vérifierait les affirmations du Washington Post et de Human Rights Watch.
Le bureau du vice-président Dick Cheney est à l'origine des directives ayant conduit des militaires américains à torturer des prisonniers en Irak et en Afghanistan, a affirmé jeudi le colonel Laurence Wilkerson, directeur de cabinet de l'ancien secrétaire d'Etat Colin Powell. "Il y a eu une trace visible allant de la vice-présidence jusqu'aux commandants sur le terrain, en passant par le secrétaire à la Défense, pour autoriser la torture afin d'obtenir des renseignements sur le terrain", a affirmé ce collaborateur de longue date de Colin Powell. "Les directives, a-t-il reconnu, étaient "rédigées en termes prudents", mais elles n'en donnaient pas moins aux commandants sur le terrain liberté d'agir, ce qui a abouti à de nombreux cas d'abus contre des prisonniers, contraires aux conventions de Genève, y compris à la prison d'Abou Ghraïb" en Irak.Torture : des mémos compromettants pour Dick Cheney ?
(photo d'archives : l'emblème de la CIA)
D'après AFP
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