Le procès de Saddam a repris

le 28 novembre 2005 à 13h24 , mis à jour le 28 novembre 2005 à 13h25

Le procès de l'ex-dictateur irakien et de sept de ses lieutenants pour le massacre de 148 villageois chiites en 1982 a repris ce lundi à Bagdad. Les premiers témoins doivent être entendus. Mais les avocats de Saddam Hussein comptent demander l'ajournement.

saddam hussein procès 28/11/05

A 12h17 ce lundi, heure locale (10h17, heure française), le procès de Saddam Hussein a repris devant le Haut tribunal pénal irakien, nouveau nom du Tribunal spécial irakien. Le président déchu a été le dernier accusé à entrer dans la salle du tribunal. Il était vêtu d'une veste à l'occidentale et portait un Coran dans une main. Il a salué ses sept co-accusés. Ces derniers étaient en dichdacha, la robe traditionnelle arabe, et avaient la tête recouverte du keffieh.

Comme le mois dernier, Saddam Hussein a joué l'obstruction. Il a par exemple protesté contre la façon dont le traitent ses gardes américains, les qualifiant d'"étrangers criminels et conquérants". Il s'est également plaint de la "confiscation de ses papiers et de son stylo et d'avoir du monter deux étages à pied, les mains menottées, parce que l'ascenceur était en panne". Après un peu moins de deux heures d'audition, l'audience a été suspendue pour une heure. Elle devrait reprendre d'ici quelques minutes.

La défense veut demander l'ajournement

La mort de 148 Chiites de Doujaïl, en 1982, n'est pas le seul crime attribué au régime de Saddam Hussein. Mais le massacre de ces villageois, en représailles à l'attaque du convoi de l'ex-président irakien alors qu'il visitait la région, est le premier dossier bouclé par le Haut tribunal pénal irakien, selon les autorités. C'est aussi le cas "le plus facile", selon une source proche du tribunal. Laquelle ajoute : "Tous les témoins sont disponibles et il y a un CD sur lequel on voit Saddam ordonner les meurtres". Précisément, les premiers témoins devraient être entendus à partir de ce lundi. Si les conditions de sécurité sont suffisantes, le climat politique propice, et si le procès n'est pas ajourné, ce que comptent demander les défenseurs de l'ex-dictateur...

Dans ce procès, les huit accusés risquent la peine de mort par pendaison, si la majorité des cinq juges en décide ainsi. Quatre audiences sont prévues à partir de ce lundi. Mais il est possible que le procès, déjà suspendu une première fois dès la première audience, le 19 octobre, pour permettre d'organiser l'audition des témoins, le  soit de nouveau afin de ne pas perturber le climat de la campagne électorale pour les élections générales du 15 décembre. Par ailleurs, Ziad Najdawi, membre de l'équipe de défense de  Saddam Hussein basée à Amman, a annoncé dimanche un soutien inattendu : celui de l'ancien ministre de la Justice américain Ramsey Clark, qui devrait appuyer la demande d'ajournement.

Le grand défi : la sécurité autour du procès

Enfin, un des grands défis du tribunal va être de garantir la sécurité des personnes qui devraient témoigner contre Saddam Hussein, dans un pays où règne l'insécurité et où deux avocats de la défense ont déjà été assassinés. "Chaque témoin peut décider s'il veut montrer son visage ou dissimuler son identité d'une façon ou d'une autre" pour protéger son anonymat, a-t-on indiqué de source américaine proche du tribunal. Les craintes pour la sécurité sont telles que les responsables refusent de préciser combien de témoins sont appelés à la barre. Un responsable américain proche du tribunal a également précisé qu'une protection a été proposée aux avocats. Selon lui, "la plupart d'entre eux" ont accepté l'offre. Aussi, au cours des derniers jours, les avocats de Saddam Hussein se sont montrés déterminés à défendre le président déchu lors de la reprise de son procès, tout en exprimant des craintes sur leur propre sécurité.

Après le massacre de Doujaïl, d'autres dossiers devraient être examinés par le Haut tribunal pénal irakien, comme la répression des chiites en 1991, le gazage des Kurdes du village de Halabja en 1988, le déplacement de 182.000 Kurdes en 1987-1988, la guerre avec l'Iran ou l'occupation du Koweit.

Photo d'ouverture : Saddam Hussein, ce lundi, lors de la reprise de l'audience

le 28 novembre 2005 à 13:24
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