Rabin et le mystère de la 3e balle

le 04 novembre 2005 à 10h42 , mis à jour le 04 novembre 2005 à 11h09

Alors qu'Israël célèbre les 10 ans de l'assassinat de son Premier ministre, un documentaire diffusé par la télévision révèle qu'il aurait en fait été atteint de trois balles. Une thèse qui remet en cause l'enquête officielle, qui a conclu à deux impacts.

[Expiré] [Expiré] rabin dernier discours © afp

Assassiné le soir du 4 novembre 1995 à Tel-Aviv, Yitzhak Rabin est mort selon l'enquête officielle de deux balles tirées à bout portant dans son dos par Yigal Amir, un extrémiste juif opposé aux accords de paix d'Oslo signés en 1993 avec Yasser Arafat. Les investigations ont établi que, si Yigal Amir avait bien tiré trois balles, seules deux avaient atteint Rabin, la troisième ayant touché un de ses gardes du corps.

Cette version a déjà été remise en cause par Yigal Amir pour demander la révision de son procès. Elle l'est également dans un documentaire diffusé jeudi soir par Channel 2. Selon la chaîne privée israélienne, la chemise maculée de sang que portait ce soir-là le Premier ministre a été perforée par trois balles : deux derrière et une devant.  Pour Alex Peleg, expert en balistique, "il n'est pas possible qu'il y ait un tel (troisième) trou et qu'il n'y ait pas eu de trace sur le corps, et il n'est pas possible que ce trou n'ai pas été causé par une balle. Il en conclut que ce troisième trou semble avoir été causé par une balle totalement différente de celles qui ont été extraites du cadavre de la victime.

Le légiste maintient sa version

Le soir du meurtre, le ministre de la Santé de l'époque, Ephraïm Sneh, avait annoncé que Rabin avait été "touché par trois balles : une à la poitrine, une à l'estomac, et une dans la moelle épinière". Interrogé après la diffusion du documentaire, il a souligné qu'il n'avait pas vu le corps du Premier ministre assassiné, et que cette information lui avait été transmise par le directeur de l'hôpital Ichilov de Tel-Aviv, où Rabin avait été admis.

De son côté, Yehuda Hiss, le médecin légiste qui avait examiné le corps, a de nouveau confirmé avoir seulement "trouvé deux balles". "Je les ai extraites (...) J'ai examiné chaque centimètre du corps de Rabin et il n'y avait aucune autre blessure que celles causées par ces deux balles" explique-t-il.

Dix jours d'hommage


Israël a commencé jeudi à commémorer la mort de Yitzhak Rabin. Les célébrations, qui s'étaleront pendant une dizaine de jours, ont débuté par une cérémonie organisée à la présidence. Le président Moshe Katzav a ainsi allumé une bougie, tandis qu'un choeur d'enfants chantait sous le regard ému de Dalia Rabin-Philisof, fille du Premier ministre assassiné.

Après la cérémonie à Jérusalem, un millier de ballons noirs ont été lâchés à Tel-Aviv, sur la place Yitzhak-Rabin -l'ancienne place des Rois-d'Israël, où a eu lieu l'assassinat.

(photo d'archives-afp, André Brutmann : Yitzhak Rabin lors de son dernier discours, quelques minutes avant d'être assassiné)

D'après AFP

le 04 novembre 2005 à 10:42
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3 Commentaires

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  • Eric, le 04/11/2005 à 14h36

    Cela me rappelle l'assassinat d'un président; complot il y avait... Et oui, l'histoire se répète...

  • Regis, le 04/11/2005 à 14h12

    Un sniper aurait pu tirer la balle manquante, mais alors la theorie de l'homme seul ne tiendrait plus debout... alors manipulation ou pas???????

  • Eric, le 04/11/2005 à 12h39

    çà sent la légende urbaine comme JFK. On a pas fini d'en entendre parler et de voir des bouquins et des films. Il est vrai que les services secrets sont tout puissants, trop puissants, qq soit le pays. Le problème est qu'ils finissent toujours par créer les problèmes qu'ils sont sensés combattre. Il faut que les citoyens reprennent la main !

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