
Le Premier ministre israélien Ariel Sharon a annoncé lundi que son nouveau parti oeuvrerait "pour la paix" avec les Palestiniens. "J'ai l'intention d'appliquer la Feuille de route dans son intégralité et je n'ai pas l'intention d'appliquer un autre plan" de retrait, a ajouté le Premier ministre, lors de la présentation de la plateforme de son nouveau parti. "Le nouveau parti va jeter les bases qui vont permettre de définir les frontières d'Israël en continuant à lutter contre le terrorisme", a souligné M. Sharon, qui n'a pas exclu le démantèlement de colonies en Cisjordanie. Il a estimé que le Likoud, le parti qu'il avait contribué à former en 1973 et qu'il a quitté lundi, n'était "pas capable dans son format actuel de réaliser ces objectifs d'intérêt national".
Le Parlement israélien a adopté lundi des motions décidant sa dissolution, en vue d'élections anticipées au début de l'an prochain. Ces huit textes, présentés par différents partis de l'opposition, ont été adoptés à plus de 80 voix pour, une voix contre et une dizaine d'abstentions. Ils ouvrent la voie à la tenue d'élections législatives anticipées dans les prochains mois.
Le matin-même, Ariel Sharon avait présidé la première réunion du nouveau parti politique dont il a annoncé la création en vue des élections générales anticipées. Il a été décidé lors de cette réunion, qui s'est déroulée à la présidence du Conseil à Jérusalem, que cette formation centriste s'appelera "Responsabilité nationale". Dix députés du Likoud, le désormais ex-parti de M. Sharon, qui se sont ralliés au Premier ministre ont participé à cette réunion.
Sharon contre le Likoud
Cette réunion est intervenue juste après qu'Ariel Sharon ait été reçu par le président israélien Moshé Katsav, à Jérusalem, auquel il a remis officiellement sa démission. A la fois de la direction de son parti, le Likoud (droite), et de son poste de Premier ministre. A cette occasion, il avait également demandé à M. Katsav de prononcer la dissolution de la Knesset (Parlement). A l'issue de cet entretien de 45 minutes, le président avait déclaré qu'il faudrait à des élections anticipées le plus vite possible s'il m'apparaît qu'aucun autre candidat ne peut former un gouvernement dans les trois semaines".
A 77 ans, l'ancien général tente peut-être le pari le plus incertain de sa carrière politique et militaire. Mais depuis plusieurs mois, Ariel Sharon fait face à une forte opposition interne au sein du Likoud, de la part du camp des durs, qui ne lui a pas pardonné son plan de retrait de la bande de Gaza, réalisé en septembre. Sa démission est une réaction à la décision, dimanche, du Parti travailliste israélien de quitter son cabinet, mettant un terme à une cohabitation de dix mois avec le Likoud, la principale formation de droite. Selon les sondages, Sharon reste la personnalité politique la plus populaire en Israël. Un nouveau parti du centre droit sous sa direction pourrait menacer sérieusement le Likoud, dont il fut l'un des pères fondateurs il y a plus de trois décennies.
Photo : Ariel Sharon
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