Le syndrome de la guerre du Golfe reconnu par un tribunal britannique

le 01 novembre 2005 à 11h23 , mis à jour le 01 novembre 2005 à 11h38

Un tribunal britannique a reconnu pour la première fois qu'un ancien combattant souffrait du syndrome de la guerre du Golfe et devait recevoir une pension d'invalidité. 500 anciens combattants britanniques seraient morts des suites du syndrome et 6000 autres en souffriraient.

Vétérans guerre du golfe manif anti guerre Irak Paris © INTERNE

Depuis qu'il a participé à l'opération Tempête du désert, en 1991, pour libérer le Koweït envahi par l'Irak, l'ancien soldat Daniel Martin, 35 ans, souffre de troubles de l'humeur, de  la concentration et de la mémoire, mais aussi d'asthme et de douleurs articulaires chroniques. Comme d'autres vétérans, il incrimine des cocktails médicamenteux prescrits par les médecins militaires contre les armes chimiques, ainsi que l'exposition aux munitions à l'uranium appauvri. Son conflit avec le ministère de la Défense durait depuis 2000.

On a appris mardi qu'un tribunal britannique lui a donné raison et a reconnu qu'il devait recevoir une pension d'invalidité. C'est la première fois dans ce pays que la Justice reconnaît l'existence du syndrome de la guerre du Golfe, en tant que maladie, et décide un dédommagement. "C'est une décision historique (...) qui aura des implications énormes pour des centaines d'anciens combattants souffrant à l'évidence du syndrome de la guerre du Golfe", s'est réjoui l'avocat du soldat.

"Terme général"

Le terme de syndrome de la guerre du Golfe est contesté par l'armée. Il regroupe un ensemble de maladies, certaines très graves, ayant atteint des soldats au retour de l'opération Tempête du Désert. Le tribunal d'appel des retraites, une instance arbitrant les litiges entre  les vétérans et le ministère de la Défense en cas de refus de pension, a estimé que "les anciens combattants de la guerre du Golfe ont développé par la suite un nombre anormal de maladies. (...) Le terme de syndrome de la guerre du Golfe est  le nom médical approprié pour décrire cet ensemble de symptômes".

Le ministère de la Défense a réfuté pendant 14 ans l'existence d'un  syndrome. Il a fait un petit pas en septembre, en admettant pour la première  fois l'usage de l'expression en tant que "terme général", mais pas en tant que  "terme médical". Les associations affirment que 500 anciens combattants britanniques sont  morts des suites du syndrome de la guerre du Golfe, et que 6000 autres souffriraient de maladies associées. Quelque 53.000 soldats britanniques ont participé à Tempête du Désert.

(Image d'archive prise lors d'une manifestation de vétérans)

le 01 novembre 2005 à 11:23
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2 Commentaires

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  • Jérémy, le 01/11/2005 à 12h49

    Voilà ce qui arrive lorsqu'on utilise des bombes à l'uranium appauvri, ça fait plus de morts alliés après que pendant la guerre. Depuis la fin de la guerre du Golfe, il y a eu plus de 10 000 soldats américains morts à cause de ces bombes

  • François, le 01/11/2005 à 12h26

    Ce syndrome s'est ben sûr cantonné aux positions britanniques et n'a pas traversé les tranchées françaises. Si seulement ces pauvres anglais avaient pris les excelletns traitements français, efficaces et sans effets secondaires...

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