© AFP/DOSSO ZOOMEllen Johnson Sirleaf, figure incontournable du paysage politique libérien, dont la forte détermination lui a valu le surnom de "Dame de fer", a remporté vendredi la présidentielle au Liberia selon des résultats quasi-complets de la Commission nationale électorale (Nec), au détriment de l'ex-footballeur George Weah. Selon Frances Johnson Morris, présidente de la Nec, Mme Sirleaf, ancienne économiste formée à Harvard et qui a travaillé à la fois pour les Nations unies, la Banque mondiale et brièvement pour la CitiBank, a obtenu 59,4% des suffrages dans 97% des 3.070 bureaux de vote du pays, contre 40,6% à l'ancien Ballon d'or, qui n'est donc mathématiquement plus en mesure de combler son retard. La présidente de la Nec a précisé que la participation lors du deuxième tour de la présidentielle disputé mardi avait été de 59,3%, pour 75% lors du premier tour le 11 octobre. "Nous continuons à insister sur le fait que ce ne sont pas les résultats définitifs", a tenu à souligner Mme Johnson Morris lors d'une conférence de presse vendredi après-midi.
Trois femmes co-prix Nobel de la Paix !
Le prix Nobel de la Paix 2011 a été attribué vendredi à trois femmes : Ellen Johnson-Sirleaf (à droite), la présidente du Liberia, qui partait favorite, Leymah Gbowee, une autre Libérienne (au centre), et Tawakkol Karman (à gauche), une Yémenite, deux militantes du droit des femmes.
Publié le 07/10/2011
Au même moment, des incidents sporadiques éclataient entre manifestants pro-Weah et des Casques bleus de la Minul (Mission des Nations unies au Liberia), notamment près de l'ambassade américaine dans le quartier de Mamba Point. Dans cette zone, quelques partisans de George Weah, parmi le millier qui ont manifesté pour protester contre des fraudes électorales présumées, ont riposté à des tirs de grenades lacrymogènes en jetant des pierres vers les soldats avant de se raviser sur les recommandations de certains de leurs camarades.
"Les gens ont peur. Ils ne veulent plus de la guerre"
Peu auparavant l'ex-footballeur, qui n'a pas participé à la manifestation, avait réitéré ses appels au calme depuis le siège de son parti, après avoir appelé la veille à des marches pacifiques dans tout le pays. "Les rues de Monrovia ne doivent pas appartenir aux personnes violentes. Au nom de la paix, ne sortez pas dans la rue. (...) Les gens ont peur. Ils ne veulent plus de la guerre. Vous pouvez me croire, je resterai à vos côtés", a-t-il exhorté. Dans les autres principales villes du pays, les partisans de Weah se sont rassemblés devant les permanences du Congrès pour le Changement démocratique (CDC), le parti de Weah, sans toutefois organiser de marches, sur les recommandations des dirigeants du parti.
Ellen Johnson Sirleaf, qui a refusé durant la nuit de jeudi à vendredi de se déclarer victorieuse malgré des estimations déjà très favorables, avait annoncé jeudi soir son intention de proposer à son rival "un rôle important dans le prochain gouvernement". Mais George Weah, qui a déposé plainte auprès de la Nec pour des fraudes supposées au second tour, a adressé vendredi une requête à la Cour suprême pour qu'elle fasse stopper le dépouillement, a annoncé à des journalistes Steve Kweah, le porte-parole du CDC. "Si la Cour suprême nous demande de suspendre le processus, nous serons obligés de le faire. Nous enquêtons toujours sur la plainte du Congrès pour le changement démocratique", a commenté vendredi la présidente de la Nec.
Photo : Ellen Johnson Sirleaf (DR)
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