© INTERNE"Si Mladic n'est pas à La Haye d'ici une certaine date, nous serons excommuniés de l'intégration euro-atlantique. Si nous ne nous conformons pas à cette obligation d'ici la fin de cette année, les citoyens de ce pays connaîtront des moments très difficiles". Le message est ferme. Il a été prononcé vendredi soir par le ministre serbe de la Défense, Zoran Stankovic, citant le président du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), Theodor Meron, au journal télévisé de RTS, la télévision publique serbe. Theodor Meron a formulé cette exigence lors d'un déplacement le même jour à Belgrade, où il est venu s'entretenir avec le Premier ministre serbe, Vojislav Kostunica. "La communauté internationale est réellement impatiente face aux interminables retards qu'accuse la Serbie par rapport à ses obligations internationales (...) particulièrement à propos du transfèrement de Ratko Mladic à La Haye", a-t-il déclaré à la presse à l'issue de cet entretien.
Meron a estimé que Belgrade ne soutenait pas "pleinement et visiblement" les efforts déployés en vue de capturer Radovan Karadzic et les autres fugitifs qui sont encore en cavale. "Cela fait six mois qu'aucun inculpé n'a été transféré à La Haye", a-t-il indiqué, saluant les "progrès considérables" accomplis par Belgrade dans sa coopération avec le TPI au cours de l'année dernière.
Les anciens chefs militaire et politique des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic et Radovan Karadzic sont en fuite depuis leur inculpation de génocide, il y a dix ans, par le TPI pour leur rôle dans le massacre de quelque 8.000 musulmans à Srebrenica en 1995. Le transfèrement à La Haye des deux fugitifs les plus recherchés par la justice internationale et des autres inculpés est nécessaire pour que "justice soit faite" et représente "une obligation morale de la Serbie" car ils s'agit de personnes inculpés de "crimes flagrants". Meron a indiqué qu'il serait "tragique" de voire ce problème freiner les progrès enregistrés par Belgrade dans les négociations sur l'intégration de la Serbie-Monténégro aux institutions européennes. La Serbie-Monténégro et l'Union européenne ont ouvert officiellement début octobre des négociations pour un accord de stabilisation et association, premier pas vers l'intégration de la Serbie-Monténégro à l'Europe. L'Union européenne (UE) a toutefois averti que ces négociations pourraient être suspendues si Belgrade ne s'acquittait pas de ces obligations internationales.
Photo : Ratko Mladic (archives - DR)
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