© INTERNELa justice italienne a lancé vendredi des mandats d'arrêt européens contre 22 agents de la CIA soupçonnés d'avoir participé à l'enlèvement d'un ex-imam en Italie en février 2003, ont rapporté les médias italiens. Selon la chaîne de télévision d'information en continue Sky TG24, les mandats ont été émis par le juge des enquêtes préliminaires du tribunal de Milan Enrico Manzi.
Les agents de la CIA sont soupçonnés d'avoir organisé ou participé à l'enlèvement, le 17 février 2003 à Milan, d'un ancien imam d'une mosquée de la ville, Osama Mustafa Hassan, connu également sous le nom d'Abou Omar. L'ex-imam, qui était placé sous enquête en Italie dans le cadre de la lutte anti-terroriste, a ensuite été emmené en Egypte, où il est toujours détenu et où il affirme avoir été torturé. L'enlèvement de l'imam a créé un moment de tension entre les gouvernements italien et américain. Rome avait démenti avoir été informé de l'opération et avait exigé "le plein respect de la souveraineté de l'Italie".
Le cas de l'imam enlevé... et le cas Calipari
En Italie même, treize mandats d'arrêt contre des agents de la CIA ont été émis en juin par le Tribunal de Milan, en charge de l'enquête, six autres en juillet et les trois derniers en septembre, indiquent les médias. Le parquet de Milan a également demandé en novembre l'extradition des 22 agents en question mais cette requête doit être transmise par le ministre de la Justice Roberto Castelli qui a le pouvoir discrétionnaire de le faire ou non. Selon les médias italiens, le ministre a demandé au parquet de Milan tout le dossier concernant cette enquête pour pouvoir prendre sa décision.
L'information sur le lancement d'un mandat d'arrêt européen contre ces 22 personnes déjà poursuivies en Italie, et dont deux y avaient un statut diplomatique, intervient au lendemain de l'ouverture d'une enquête contre un soldat américain soupçonné d'"homicide volontaire" par le parquet de Rome. La justice italienne reproche à ce soldat, Mario Lozano, d'avoir tiré "pour tuer et non en état de légitime défense" sur la voiture dans laquelle se trouvait Nicola Calipari, le chef de mission des services secrets italiens qui venait d'obtenir la libération d'une otage italienne en Irak, la journaliste Giuliana Sgrena, en mars 2005. Calipari avait été tué dans la fusillade mais l'enquête américaine avait conclu a une tragique méprise et rejeté sur les italiens la responsabilité du drame.
Les différents parquets italiens impliqués dans ces affaires poursuivent leurs enquêtes contre des militaires et agents secrets américains, tout en sachant, selon les médias, qu'elles n'ont aucune chance d'aboutir, du fait de l'attitude américaine. Mais l'action pénale s'impose aux tribunaux dans la péninsule. Un magistrat informé d'un délit a l'obligation d'ouvrir une procédure judiciaire, même si son dossier se résume parfois à un article de journal.
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