
En même temps que le pape Benoît XVI à Rome, le patriarche latin Michel Sabbah a appellé samedi soir, depuis l'église de la Nativité à Béthléem, à la paix au Proche-Orient. "Du côté israélien aussi, nous avons vu et entendu de nouveaux signes et de nouvelles expressions. Nous espérons qu'ils indiquent une nouvelle vision et une nouvelle décision" a déclaré le patriarche, dans une apparente allusion au retrait israélien de Gaza, lors de son sermon pour la messe de Noël. De fait l'espoir est revenu sur Bethléem qui, après cinq années éprouvantes d'Intifada, a vu l'arrivée de milliers de pèlerins et touristes pour célébrer un Noël presque joyeux dans une pluie glaciale, malgré la construction par Israël d'un mur séparant la ville de la Nativité de Jérusalem.
"Soyez des constructeurs de la vie, non de la mort"
Le patriarche latin a lancé un vibrant appel aux chefs politiques de tous bords: "Soyez des constructeurs de la vie, non de la mort. Apprenez enfin que la démolition, la mort et la lutte n'ont porté et ne porteront que démolition, mort et permanence de la lutte." Il a lié l'arrêt de la violence à la fin de l'occupation israélienne et dénoncé à nouveau la construction par Israël d'un "mur" de séparation censé protéger l'Etat juif des attentats, mais qui s'enfonce en Cisjordanie occupée. "La sécurité pour les Israéliens veut dire liberté et souveraineté pour les Palestiniens", a-t-il souligné avertissant Israël que "les demi-mesures, demi liberté, ou demi-souveraineté, ne nous mèneront nulle part, sinon à retomber dans un cycle de violence et d'insécurité interminable". "Lorsque les injustices cesseront, la violence cessera et la sécurité règnera".
Mahmoud Abbas au milieu des fidèles
Le leader palestinien Mahmoud Abbas, un musulman, a assisté à la messe de minuit comme le veut la coutume, qui s'est déroulée en présence des consuls généraux à Jérusalem, dans l'église attenante à la basilique de la Nativité. Auparavant il avait lui même adressé un message de paix à Israël dans une interview télévisée. Le prédécesseur de M. Abbas, le leader historique palestinien Yasser Arafat, décédé en novembre 2004, avait été empêché par Israël d'assister à cette messe depuis 2001.
L'espoir revient
Des milliers de touristes et pèlerins sont arrivés, bien plus que les années précédentes, mais bien moins qu'au cours des années 1990. Pour la première fois depuis 1999, une Foire de Noël a même été organisée. Sur la place de la Mangeoire, bordée d'un côté par la basilique de la Nativité et de l'autre par la mairie de Bethléem et une mosquée, la foule se pressait autour d'un immense sapin décoré de guirlandes et de lampions, tandis que des hauts-parleurs diffusent chansons et chorales. L'économie de la petite ville de 40.000 habitants, surtout vouée au tourisme, a beaucoup souffert depuis le déclenchement de l'Intifada en septembre 2000. Bouclée durant de longues périodes par l'armée israélienne, Bethléem avait été le théâtre de violents affrontements culminant, en 2002, avec un siège de 38 jours de l'église de la Nativité où s'étaient enfermés des activistes armés palestiniens.
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