Berlusconi dans la ligne de mire du... patronat

le 27 décembre 2005 à 15h57 , mis à jour le 27 décembre 2005 à 16h25

Dans une interview au quotidien économique Il Sole 24 Ore, le "patron des patrons" italien critique sévèrement l'action du Premier ministre et la probité des membres du gouvernement.

berlusconi_senatSilvio Berlusconi annonçant sa démission aux sénateurs italiens © DR

Alors que Silvio Berlusconi est vivement critiqué à l'approche des législatives du 9 avril prochain, le "patron des patrons" italien affirme qu'il "appartiendra de désigner les meilleurs, les plus honnêtes et les plus compétents" lors du scrutin.

"Une nouvelle année de croissance nulle, de perte de compétitivité, de difficile contrôle des comptes publics et de scandales financiers s'achève", déplore-t-il. Cette situation "signifie que tout le monde ne fait pas son devoir", souligne-t-il encore. "Depuis trop de temps, les voyous qui ont contourné les lois, qui n'ont pas payé les impôts, qui ont construit sans permis, qui ont falsifié les bilans sont amnistiés et primés, pendant que ceux qui travaillent, qui produisent, qui cherchent à exporter sont considérés comme des poids ou bons à presser", accuse-t-il.

"Ceux qui travaillent et ceux qui spéculent"

Depuis l'arrivée de Silvio Berlusconi au pouvoir, son gouvernement a en effet dépénalisé le faux en bilan et multiplié les mesures d'amnistie fiscales pour tenter de rapatrier l'argent placé à l'étranger et augmenter les rentrées de l'Etat. "Un fossé se creuse dans le pays entre ceux qui travaillent et ceux qui spéculent et trafiquent", lance encore Luca Cordero di Montezemolo.

Il dénonce aussi la lenteur des autorités italiennes face au scandale bancaire qui a "discrédité mondialement notre pays" et contraint à la démission le gouverneur de la banque d'Italie Antonio Fazio, qui fait l'objet d'une enquête pour abus de fonction et délit d'initié. Il aura fallu la discutable mais nécessaire publication d'écoutes téléphoniques pour en découvrir l'ampleur" et pour "adopter en urgence des dispositions afin d'éviter d'augmenter notre discrédit sur les marchés internationaux".

Critique de la gauche

"Nous avons besoin de gouvernabilité, c'est-à-dire d'un système en mesure de fonctionner, de décider, de faire des choix avant que la mondialisation, l'Europe et les marchés ne décident pour nous et contre nous", insiste-t-il. "Cette capacité de gouverner ne signifie pas seulement durer le plus longtemps possible, mais prendre des décisions en impliquant la plus grande partie de la population sur des problèmes d'intérêt général et non particulier".

Elu en mai 2001, Silvio Berlusconi se targue d'être le premier chef de gouvernement italien à avoir accompli un mandat complet de cinq ans. "Malheureusement, je ne vois pas encore apparaître cette capacité de gouverner et je crains que le vainqueur des élections, qui qu'il soit, aura d'énormes difficultés a réellement gouverner", conclut le leader du patronat italien, dans une critique implicite des divisions au sein de l'opposition dirigée par Romano Prodi.

(photo d'archives : Silvio Berlusconi)

le 27 décembre 2005 à 15:57
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

3 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Alain, le 28/12/2005 à 15h15

    Quelle ingratitude, après tout ce qu'il a fait pour eux ! Enfin, on est jamias trahi que par les siens !

  • Carl, le 28/12/2005 à 10h03

    Allez TOUS voir au cinéma "Viva Zapatero" : ce film-documentaire traite du "dictateur Berlusconi". Affligeant !!

  • Xx, le 28/12/2005 à 09h55

    Le temps du changement est venu, il faut changer les tetes et les politiques, angleterre, france, espagne, allemagne, maintenant italie

Lire tous les commentaires

      logAudience