Silvio Berlusconi annonçant sa démission aux sénateurs italiens © DRAlors que Silvio Berlusconi est vivement critiqué à l'approche des législatives du 9 avril prochain, le "patron des patrons" italien affirme qu'il "appartiendra de désigner les meilleurs, les plus honnêtes et les plus compétents" lors du scrutin.
"Une nouvelle année de croissance nulle, de perte de compétitivité, de difficile contrôle des comptes publics et de scandales financiers s'achève", déplore-t-il. Cette situation "signifie que tout le monde ne fait pas son devoir", souligne-t-il encore. "Depuis trop de temps, les voyous qui ont contourné les lois, qui n'ont pas payé les impôts, qui ont construit sans permis, qui ont falsifié les bilans sont amnistiés et primés, pendant que ceux qui travaillent, qui produisent, qui cherchent à exporter sont considérés comme des poids ou bons à presser", accuse-t-il.
"Ceux qui travaillent et ceux qui spéculent"
Depuis l'arrivée de Silvio Berlusconi au pouvoir, son gouvernement a en effet dépénalisé le faux en bilan et multiplié les mesures d'amnistie fiscales pour tenter de rapatrier l'argent placé à l'étranger et augmenter les rentrées de l'Etat. "Un fossé se creuse dans le pays entre ceux qui travaillent et ceux qui spéculent et trafiquent", lance encore Luca Cordero di Montezemolo.
Il dénonce aussi la lenteur des autorités italiennes face au scandale bancaire qui a "discrédité mondialement notre pays" et contraint à la démission le gouverneur de la banque d'Italie Antonio Fazio, qui fait l'objet d'une enquête pour abus de fonction et délit d'initié. Il aura fallu la discutable mais nécessaire publication d'écoutes téléphoniques pour en découvrir l'ampleur" et pour "adopter en urgence des dispositions afin d'éviter d'augmenter notre discrédit sur les marchés internationaux".
Critique de la gauche
"Nous avons besoin de gouvernabilité, c'est-à-dire d'un système en mesure de fonctionner, de décider, de faire des choix avant que la mondialisation, l'Europe et les marchés ne décident pour nous et contre nous", insiste-t-il. "Cette capacité de gouverner ne signifie pas seulement durer le plus longtemps possible, mais prendre des décisions en impliquant la plus grande partie de la population sur des problèmes d'intérêt général et non particulier".
Elu en mai 2001, Silvio Berlusconi se targue d'être le premier chef de gouvernement italien à avoir accompli un mandat complet de cinq ans. "Malheureusement, je ne vois pas encore apparaître cette capacité de gouverner et je crains que le vainqueur des élections, qui qu'il soit, aura d'énormes difficultés a réellement gouverner", conclut le leader du patronat italien, dans une critique implicite des divisions au sein de l'opposition dirigée par Romano Prodi.
(photo d'archives : Silvio Berlusconi)
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