© afpAlors que les 25 se préparent à un sommet tendu jeudi et vendredi à Bruxelles sur le budget de l'UE pour la période 2007-2013, c'est plutôt un geste symbolique qu'une proposition vraiment nouvelle. Londres a en effet fait mercredi des concessions minimes dans sa nouvelle proposition de budget européen, refusant de faire de plus amples efforts sur son "rabais" et proposant un budget très légèrement augmenté mais toujours limité à 1,03% du PIB des 25 pays membres.
La nouvelle proposition fixe le budget à 849,3 milliards d'euros, contre 847 milliards le 5 décembre. Proposition qui avait alors suscité l'ire du président de la Commission européenne José Manuel Durao Barroso, qui l'avait qualifiée d'"inacceptable" et de "budget pour une mini-Europe". Avec les 849,3 milliards d'euros évoqués ce mercredi, on est encore loin des chiffres du compromis luxembourgeois, rejeté au sommet européen de juin, qui prévoyait une enveloppe de 871 milliards d'euros et 1,06% du PIB...
Surtout, Londres reste sur ses positions concernant le rabais britannique. Dans son communiqué, le ministre britannique des Affaires étrangères Jack Straw a simplement indiqué que ces "propositions révisées maintiennent les quatre objectifs énoncés le 5 décembre". Le 5 décembre, a-t-il rappelé, le Royaume-Uni a offert une contribution supplémentaire aux coûts de l'élargissement se montant à 8 milliards d'euros durant l'exercice budgétaire" 2007-2013. Pour le reste, "la proposition maintient le rabais, et ce rabais va augmenter d'une moyenne de 5 milliards d'euros ces dernières années à environ 7 milliards" annuels.
La PAC de nouveau visée par Londres
Concernant les fonds structurels affectés aux 10 derniers états membres de l'UE, la présidence britannique envisage de maintenir les coupes de 14 milliards d'euros dont l'annonce avaient suscité un tollé à l'Est et largement affecté l'image de Tony Blair chez les nouveaux entrants. Dans son communiqué écrit, Jack Straw précise simplement que cette nouvelle enveloppe budgétaire permettra d'augmenter les fonds structurels pour la Pologne, la Hongrie, la République tchèque, l'Estonie et la Lettonie. Londres prévoit également une aide à la fermeture de centrales nucléaires pour la Slovaquie et la Lituanie.
Le communiqué de la présidence britannique de l'UE insiste également sur la demande, répétée à plusieurs reprises par Tony Blair, d'un "réexamen durant l'exercice budgétaire actuel", de l'ensemble du budget, y compris donc la politique agricole commune, pourtant sanctuarisée jusqu'en 2013. "Toutes les dépenses, y compris les dépenses agricoles, seront soumises à révision durant la période couverte par le prochain budget" (2007-2013), écrit ainsi Jack Straw, fixant ce réexamen à 2008. Ce réexamen inclura la PAC, le rabais et d'autres sujets, selon la présidence britannique de l'UE. "Ces nouvelles propositions assurent qu'il n'y aura pas de réforme fondamentale du rabais sans réforme fondamentale de la Politique agricole commune", insiste Jack Straw, ajoutant que ces nouvelles propositions "prennent en compte les discussions" qu'il a eues depuis le 5 décembre avec ses homologues européens.
D'ores et déjà, le président de la Commission européenne José Manuel Durao Barroso a déclaré que cette dernière offre britannique de compromis sur le budget de l'UE avant le sommet de Bruxelles était "tout simplement insuffisante". Insatisfaction également pour les Pays-Bas... mais pour des raisons opposées : la nouvelle proposition britannique "signifierait une réduction de 850 millions d'euros pour les Pays-Bas dans le cadre de sa contribution nette annuelle à l'Union européenne, cela est insuffisant", a déclaré mercredi un porte-parole du Premier ministre néerlandais Jan Peter Balkenende. Les Pays-Bas se sont fixés pour objectif une coupe d'un milliard d'euros, mais le porte-parole gouvernemental n'a pas précisé si La Haye maintiendrait cette demande lors du sommet européen prévu jeudi et vendredi.
Photo d'ouverture : archives
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