Blair fait un geste, décrispation en vue ?

le 16 décembre 2005 à 08h13 , mis à jour le 16 décembre 2005 à 22h42

Le Premier ministre britannique, dans une nouvelle proposition, a fait davantage de concessions sur le "rabais" dont bénéficie son pays. Les perspectives de compromis sur le budget de l'UE semblaient s'améliorer vendredi soir, après une journée difficile d'âpres négociations.

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Tony Blair a dégagé la voie à un accord européen crucial, en faisant vendredi soir à Bruxelles un nouveau geste sur le rabais budgétaire de son pays et en se ralliant à une proposition allemande d'augmenter les finances de l'UE. Au terme d'une journée difficile, Tony Blair a ainsi annoncé une "dernière" offre "juste et équitable". "Les gens vont devoir alors décider s'ils veulent ou non un accord", a-t-il poursuivi, en ajoutant : "Nous croisons les doigts". Dans cette proposition qu'il devait soumettre dans la soirée à ses partenaires des 25, il a offert d'abandonner, entre 2007 et 2013, 2,5 milliards d'euros supplémentaires de la ristourne accordée au Royaume Uni. Sur l'ensemble de la période, Londres renoncerait à 10,5 milliards d'euros, soit 20% de la somme (50 à 55 milliards) qui aurait dû lui être reversée sans révision du système actuel, selon des sources européennes.

"Tout n'est pas encore réglé, mais on s'oriente petit à petit vers une solution qui soit cohérente avec le principe de solidarité", a estimé Jacques Chirac lors d'une brève conférence de presse. "Les discussions sont plutôt positives", a ajouté le président français qui, tout en jugeant "prématuré" de se prononcer sur les chances de compromis final, s'est dit "plutôt optimiste quitte à être démenti par les faits". Outre l'avancée sur le rabais, la dernière proposition britannique comporterait, toujours de source européenne, un autre geste majeur : Tony Blair suggèrerait de porter les dépenses globales du budget communautaire 2007-2013 à 862,5 milliards d'euros, soit 13,2 milliards de plus que précédemment. Au final, l'enveloppe budgétaire 2007-2013 pèserait 1,045% du produit intérieur brut (PIB) de l'UE à 27, les 25 plus la Bulgarie et la Roumanie, contre 1,03% dans la précédente proposition britannique et 1,06% dans le projet proposé en juin par le Luxembourg et rejeté à l'époque notamment par le Royaume Uni.

Angela Merkel dans le rôle de la médiatrice

Tony Blair a ainsi repris une offre faite quelques heures auparavant par la chancelière allemande Angela Merkel qui, pour son premier sommet, semble avoir joué le rôle de médiatrice que de nombreux commentateurs attendaient d'elle. Jacques Chirac a revendiqué un travail de concert du couple franco-allemand. "La France, main dans la main avec l'Allemagne, a participé à l'élaboration d'une solution", en évoquant aussi un "soutien actif de l'Italie, l'Espagne et la Pologne". Les dirigeants européens devaient reprendre dans la soirée leurs discussions sur le projet de compromis.

Tony Blair, qui joue au sommet de Bruxelles le bilan de ses six mois à la tête de l'UE, était soumis à une double pression très forte. D'un côté, ses partenaires lui demandaient de renoncer à une part substantielle du fameux rabais britannique. De l'autre, son opinion le poussait à ne rien lâcher, les eurosceptiques ayant déjà crié à la trahison après ses premières concessions. Dès jeudi soir, le Premier ministre britannique avait promis à ses partenaires de mettre "tout (son) courage politique" dans la recherche d'un accord. "Mais mon suicide politique (en Angleterre) n'aidera pas l'Europe", avait-il averti, selon un diplomate.

Si la dernière proposition britannique lâche du lest, elle permet à Londres de conserver en revanche le principe de son rabais qui, dans l'absolu, continuera même d'augmenter. La ristourne décrochée en 1984 par la "Dame de Fer" Margaret Thatcher ne serait abandonnée que dans le cadre d'une révision générale du budget européen qui remettrait en cause les dépenses agricoles, dont la France est la principale bénéficiaire. Un accord budgétaire à 25 est crucial pour aider les nouveaux pays d'Europe centrale et orientale à rattraper leur retard économique. Un échec de dernière minute plongerait aussi un peu plus l'Union européenne dans la crise après les rejets de la Constitution en France et aux Pays-Bas, puis le fiasco en juin des premières négociations budgétaires.

Photo : Tony Blair faisant sa "dernière proposition", vendredi soir, à Bruxelles (DR)

le 16 décembre 2005 à 08:13
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7 Commentaires

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  • Regis, le 16/12/2005 à 16h54

    "Blair seul contre tous" et voila, plus personne ne peut le blairer...... :-))))

  • David, le 16/12/2005 à 16h53

    L'union Européenne ressemble de plus en plus à un gros bordel que personne ne semble pouvoir diriger!!!! Pourquoi avoir voulut intégrer plein de nouveaux pays a l'union alors que beaucoup de problèmes existaient déjà!!! Cela ne ressemble à rien aujourd'hui!!! C'est comme en France on accueille beaucoup d'étrangers en ayant rien a leurs proposer, résultat assistanat!!! En sera t'il de même pour l'europe en tout cas ca y ressemble!!!

  • Pito, le 16/12/2005 à 16h46

    Perso, je suis pas trop pro britannique, surtout pro Blair... il ne s'est pas vraiment bougé ses 6 derniers mois et son bilan à la tête de l'UE n'est pas brillant... Mais je me demande quelle est la légitimité de la PAC?? 40% du budget de l'UE pour 5% de la population, il me semble que c'est disproportionné... Un meilleur équilibre (réduction des dépenses liées à la PAC, réduction du rabais anglais etc...) ne serait-il pas le moyen de détendre les relations et de repartir sur des bases saines et non sur la guéguerre que se mènent les dirigeants pour défendre leurs avantages?...

  • Ludovic, le 16/12/2005 à 16h45

    A Bernard de Kinshasa : Oui ou Non au referendum n'aurait rien changé Chirac n'a plus aucun poids ni influence, que ce soit en France ou dans le Monde, et les dirigeants étrangers le savent. Le vrai problème, c'est que la France soit représentée par un Président qui n'est plus reconnu par les Français. ( Voir l'éditorial de l'Express de cette semaine )

  • Florent, le 16/12/2005 à 16h33

    A Bernard, Kinshasa : si la Constitution serait en vigueur aujourd'hui, les 24 ne feraient, eux aussi, qu'une bouchée de Chirac et de "sa" PAC. Blair est seul à défendre son rabais, Chirac est seul à défendre la PAC. AUJOURD'HUI, on peut encore défendre, seul contre tous, ses intérêts légitimes. DEMAIN, les compromis boîteux apparaitront à tous les étages ... Ne pleurez pas quand nos fameux "acquis sociaux" partiront dans les poubelles de l'Histoire, indéfendables dans une Europe ouverte à tous les vents et tempêtes du libéralisme sauvage.

  • Bernard, le 16/12/2005 à 14h08

    Quel dommage que la France ait voté "Non" au projet de Traité Constitutionnel. Si elle avait voté "Oui", Chirac ne ferait qu'une bouchée de Blair aujourd'hui.

  • Fred h, le 16/12/2005 à 09h52

    C'est beau, l'UNION européenne !!! Mort à la PAC et au rabais britanique !!

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