Blair passe la main à l'Autriche

le 01 janvier 2006 à 06h45 , mis à jour le 30 décembre 2005 à 14h30

Après six mois de présidence de l'Union européenne, le Premier ministre britannique passe le relais à l'Autriche ce 1er janvier. Même si son bilan est plutôt honorable, il n'a néanmoins pas répondu aux attentes qu'il avait lui-même lancées.

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Début des négociations d'adhésion de la Turquie et de la Croatie en octobre, réforme de la politique sucrière communautaire en novembre, accord en décembre sur le budget 2007-2013, sur le règlement "Reach" relatif au contrôle des substances chimiques ou encore sur le stockage de données téléphoniques : selon les observateurs, après des débuts poussifs, le bilan de la présidence britannique est plus qu'honorable. Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a lui même parlé d'une "excellente" présidence.

Mais après six mois durant lesquels les Britanniques ont présidé 4 653 réunions européennes, le bilan peut paraître pâle par rapport aux attentes soulevées par Tony Blair. Lors de son discours passionné devant le parlement européen en juin, il s'était en effet fait le croisé visionnaire d'une Europe modernisée pour relever les défis de la mondialisation, retrouvant "sa force, son intérêt, ses idéaux et par là même son soutien parmi ses peuples".

"Il a fait avancer le débat" 

Les faits sont plus mesurés : il y a six mois, le Premier ministre britannique insistait sur la nécessité d'une réorientation fondamentale du budget en faveur de la science et de la technologie. Il refusait également toute remise en cause du "rabais" britannique sans réexamen de la politique agricole commune (PAC). Au final, il a sacrifié 10,5 milliards d'euros sur sept ans de cette ristourne sacro-sainte obtenue il y a 21 ans par Margaret Thatcher, contre la simple promesse d'un réexamen de l'ensemble du budget à l'horizon 2008-2009, y compris les dépenses de la PAC.

Dans une Europe toujours en panne de Constitution, certains experts soulignent cependant que Tony Blair a au moins atteint un de ses objectifs : faire avancer le débat. "L'idée est de plus en plus répandue quasiment partout en Europe qu'une réforme fondamentale est nécessaire", s'est d'ailleurs réjoui le locataire de Downing Street, après l'accord sur le budget.

Les trois objectifs de Vienne


Constitution, élargissement et budget : avec ces trois thèmes prioritaires, l'Autriche espère  rendre "confiance et dynamisme" à l'UE. Six ans après s'être vu infliger des sanctions pour avoir accueilli dans son gouvernement un parti d'extrême droite, le chancelier conservateur Wolfgang Schüssel a indiqué que la relance de l'Europe constituerait la première priorité de son pays.

Celle-ci passera par "de nouvelles propositions pour la Constitution européenne", a-t-il souligné. En juin 2006, le Conseil européen devra ainsi aborder la question des institutions, mise en sommeil après les "non" français et néerlandais. Les 25 -dont 13 ont ratifié le texte- devront alors décider s'ils mettent fin au processus et si, dans ce cas, ils peuvent mettre en oeuvre certaines de ses dispositions.

Pour la ministre des Affaires étrangères, Ursula Plassnik, au-delà des mécanismes institutionnels, il s'agit de définir un "modèle de vie européen" assurant croissance et emploi -ces thèmes sont au programme du Conseil européen de mars- mais aussi la protection de l'environnement et la place de l'Europe dans le monde. A cet effet, l'Autriche a l'intention de faire avancer la directive européenne dite "Bolkestein" sur la libéralisation des services et celle sur le temps de travail.

D'après AFP

(photo d'archives : Tony Blair, décembre 2005)

le 01 janvier 2006 à 06:45
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