
Souriant et détendu. C'est d'un pas alerte qu'Abdelaziz Bouteflika a parcouru, samedi, le tapis rouge sur le tarmac de l'aéroport d'Alger. Vêtu d'un manteau noir, le président algérien a écouté l'hymne national avant d'embrasser longuement le drapeau tendu par un garde républicain en tenue d'apparat. Il a été accueilli à sa descente d'avion par deux jeunes filles en tenue traditionnelle avant de saluer les membres du gouvernement, les hauts responsables civils et militaires du pays. Parmi ces personnalités, la présence inattendue du ministre de l'Intérieur Yazid Zerhouni, un de ses proches, ayant lui-même subi une opération à Paris et dont le retour n'avait pas été annoncé. M. Bouteflika a montré sa parfaite forme physique en descendant à plusieurs reprises de sa voiture, pour de longs parcours à pied, serrant des mains et saluant une foule déchaînée qui a débordé le service d'ordre.
Au centre d'Alger, la Place du 1er mai, baptisée Place de la Concorde par le président Bouteflika en référence à sa politique de concorde civile, le cortège a été bloqué par la foule. Le chef de l'Etat est descendu et a parcouru une bonne partie de la place et de l'avenue de l'indépendance à pied, la main droite sur le coeur, serrant des mains tendues et saluant une foule enthousiaste et déchaînée. Même scènes de joie et de liesse autour du palais présidentiel à El-Mouradia où des milliers de personnes attendaient depuis des heures l'arrivée du président qui s'est également livré à un bain de foule.
Dès son arrivée au palais présidentiel, le président a signé la loi de finances pour 2006, premier acte officiel marquant son retour aux affaires de l'Etat. La signature de cette loi marque "la reprise des activités après une absence forcée et un séjour d'un mois hors du pays", a déclaré M. Bouteflika, dans un "message" aux Algériens diffusé par l'agence algérienne de presse APS. Il a affirmé avoir retrouvé ses "pleines capacités pour poursuivre la mise en oeuvre" de son programme politique qui "vise, en premier lieu, à consacrer la sécurité du citoyen et le bien-être de notre peuple". "Je m'engage de nouveau à poursuivre, grâce à votre soutien, citoyens et institutions, mes efforts en vue de conférer davantage de rationalité à l'Etat, d'engager la réforme de ses structures de manière à imposer la force de la loi, et de réformer la justice et le système éducatif", a-t-il encore affirmé.
M. Bouteflika, 68 ans, avait été transporté le 26 novembre à l'hôpital militaire Aïn Naâdja d'Alger puis transféré dans la soirée à Paris où il a été opéré d'un "ulcère hémorragique au niveau de l'estomac", selon un communiqué médical diffusé 10 jours après son hospitalisation. Après avoir quitté l'hôpital le 17 décembre, il était resté à Paris en convalescence à l'hôtel Meurice. Le transfert d'urgence de M. Bouteflika à Paris, le silence des autorités algériennes sur son état de santé et la durée de l'hospitalisation, avaient fait naître de nombreuses interrogations et suscité les rumeurs les plus folles, certaines allant jusqu'à annoncer son décès. C'est son apparition à la télévision algérienne pour la première fois, le 17 décembre, sur des images filmées dans le palace parisien quelques heures après sa sortie de l'hôpital, qui a fait taire les rumeurs et rassuré les Algériens.
Photo d'ouverture : le président algérien saluant la foule venue l'accueillir - DR
Retour MYTF1
Chargement en cours...




