Chirac et Merkel à la recherche du budget

le 08 décembre 2005 à 20h42 , mis à jour le 09 décembre 2005 à 09h36

Jeudi à Berlin, la Chancelière allemande et le chef de l'Etat ont essayé de s'accorder sur la question difficile du budget européen. Chirac a réclamé un réaménagement "pérenne" du rabais britannique, Merkel a temporisé en mettant en garde contre des propositions "trop restrictives".

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La nouvelle chancelière allemande Angela Merkel et le président français Jacques Chirac se sont efforcés jeudi à Berlin de mettre au diapason leurs positions sur le budget de l'UE pour 2007/2013, après avoir exprimé des approches différentes sur les propositions britanniques. A une semaine d'un sommet des 25 chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE, le président Chirac a réaffirmé dans une conférence de presse que les propositions britanniques sur le budget européen n'étaient "pas satisfaisantes" pour la France. Le président français a jugé "capital que chacun des Etats membres prenne une part équitable du coût de l'élargissement" de l'Union européenne. Cela suppose un "réaménagement du mécanisme du rabais britannique" qui soit "pérenne", a-t-il insisté lors d'une conférence de presse. 

Angela Merkel a jugé elle aussi la proposition britannique sur le rabais insuffisante mais a mis en garde contre la formulation de propositions "trop restrictives". La chancelière conservatrice a fait observer qu'"il était parfois préférable de ne pas isoler un paramètre particulier (...) lorsque l'on est dans une phase de préparation de négociations". Elle s'est montrée déterminée à obtenir un accord tout en admettant qu'il "y avait encore beaucoup de travail à faire". "Il faut utiliser toutes les possibilités, qui nous sont offertes dans un processus de négociations afin de chercher à arriver à un résultat", a-t-elle plaidé. Londres, a estimé Mme Merkel, "en a parfaitement conscience et, de ce point de vue, une bonne chose est que la proposition de la présidence britannique comporte des éléments relatifs au chèque britannique".

Paris réclame une baisse du "rabais britannique" de 14 milliards d'euros

L'offre britannique, plutôt favorable aux pays fortement contributeurs comme l'Allemagne, et qui prévoit une baisse de l'enveloppe globale à 1,03% du PIB de l'UE, avait été qualifiée mercredi par le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier de "base de travail sur laquelle on peut discuter pour trouver un accord". La plupart des chefs de la diplomatie des 25 s'étaient montrés bien plus critiques. Paris demande que la baisse du chèque ou rabais britannique soit portée à 14 milliards d'euros, au lieu des 8 milliards proposés par Londres, et souligne que cette réduction doit s'appliquer aussi au-delà de 2013.

Angela Merkel a annoncé que le prochain conseil des ministres franco-allemand se tiendrait en mars à Berlin, et serait consacré notamment aux questions de l'intégration des personnes d'origine étrangère, notamment les jeunes. Jacques Chirac a indiqué que la recherche et l'innovation seraient aussi à l'ordre du jour. Par ailleurs, soulignant la proximité des deux pays, le président français a exprimé la "solidarité de la France dans l'épreuve" après l'enlèvement de l'archéologue allemande Susanne Osthoff, disparue en Irak le 25 novembre. Il a proposé l'aide de la France pour arriver à sa libération.

Photo d'ouverture : Angela Merkel et Jacques Chirac lors de leur conférence de presse commune - DR

le 08 décembre 2005 à 20:42
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