L'Espagne déclare la guerre au tabac

le 01 janvier 2006 à 07h00 , mis à jour le 01 janvier 2006 à 21h52

Janvier 2006 marque l'entrée d'une nouvelle ère pour tous les fumeurs espagnols. Largement tolérés jusqu'alors, ils sont désormais bannis de nombreux lieux publics avec l'entrée en vigueur d'une loi anti-tabac drastique.

cigarette briquet © INTERNE

L'Espagne laissait jusqu'à présent fumer avec une grande permissivité. Il n'était pas rare de voir des gens avec une cigarette allumée dans une boucherie, à la banque et même dans une pharmacie. L'objectif de la loi lancée par le gouvernement socialiste, une des plus exigentes en Europe avec celles de l'Irlande, de la Norvège ou de la France, est de réduire de 5% en deux ans le taux de fumeurs en Espagne, où chaque année le tabac provoque la mort de 50.000 fumeurs et 700 fumeurs passifs. Adoptée le 15 décembre par une large majorité de députés, elle est devenue effective ce 1er janvier 2006.

L'entrée en vigueur de la loi a été précédée d'une vaste campagne publicitaire à la radio, dans les journaux et à la télévision d'un montant de quatre millions d'euros. Dès ce dimanche, les fumeurs doivent s'abstenir totalement sur leur lieu de travail, mais aussi dans des bars, restaurants et lieux de loisirs de plus de 100 m2 qui n'auraient pas de "zones fumeurs". Ces zones ne peuvent pas excéder 30% de la surface du local. Les infractions à la loi seront sanctionnées par des amendes de 30 à 600.000 euros. Les établissements de moins de 100 m2 pourront choisir entre être fumeur ou non, mais ils devront en informer le client sur la porte. Les bars et restaurants de plus de 100m2 disposeront d'un délai de huit mois pour se mettre en accord avec la loi.

Les réfractaires

L'Espagne, second pays touristique au monde, compte 300.000 établissements hôteliers, dont 120.000 de petite taille. Beaucoup de commerçants craignent de ne pas recevoir d'autorisations des mairies pour faire les travaux. Pour d'autres, il s'agit plutôt d'une question d'esthétique. Les aéroports, hôtels, théâtres et cinémas, mais aussi les établissements psychiatriques, devront être pourvus de zones spéciales pour fumeurs.

La loi a toutefois suscité des résistances. L'écrivain Antonio Gala allumait il y a quelques jours une cigarette au milieu d'une conférence de presse en signe de protestation et affirmait : "Ceux qui fument sont les survivants du CO2 des voitures, de la pollution et des exhalations des politiques". En outre, plusieurs marques à bas prix sont sorties depuis un an, certaines atteignant un euro, et ont conquis 10 à 15% de parts de marché, selon la presse espagnole. Pour la ministre de la Santé, "nous nous trouvons face à une puissante industrie qui désire inoculer l'habitude de fumer au cours des jours qui restent avant l'entrée en vigueur de la loi à un plus grand nombre de jeunes".

Photo d'ouverture : archives

le 01 janvier 2006 à 07:00
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

1 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Christelle Bassand, le 01/01/2006 à 10h37

    Messieurs, En réaction à votre article, je désire vous informer que l'Italie est à l'avant-garde pour la lutte contre le tabac. En effet, depuis Janvier 2005 il est strictement interdit de fumer dans tous les lieux publics et privés ouverts au public (bars, restaurants, entreprises privées...). Et la chose la plus étonnante est que, contrairement aux idées reçues, tous les Italiens la respectent. La loi française contre le tabac (zone fumeurs/non-fumeurs) est dépassée. Merci de bien vouloir faire un reportage sur l'Italie. Meilleures salutations. Christelle Bassand (résidente en Italie depuis 10 ans)

Lire tous les commentaires

      logAudience