Une femme présidente du Chili ?

le 11 décembre 2005 à 11h26 , mis à jour le 11 décembre 2005 à 21h37

8,2 millions d'électeurs chiliens étaient appelés aux urnes dimanche pour la présidentielle. La socialiste Michelle Bachelet est donnée favorite. Il y avait également des législatives et des sénatoriales.

1er tour de la présidentielle 11/12/2005 © DR

"Je sais qu'on va gagner. J'ai confiance que pour la première fois dans l'histoire du Chili nous allons élire une femme présidente". Michelle Bachelet, la candidate socialiste à la présidentielle organisée dimanche au Chili affichait son optimiste après avoir voté. Et pour cause, elle est donnée favorite du scrutin.

Près de 8,2 millions d'électeurs chiliens étaient appelés à se rendre dans 33.000 bureaux de vote pour choisir leur président pour un mandat de quatre ans. Les rivaux de Michelle Bachelet sont le conservateur Joaquin Lavin, l'entrepreneur de la droite modérée, Sebastian Pinera et le candidat de l'extrême-gauche Tomas Hirsch.

Pinochet, l'absent du scrutin

En cas de victoire, Michelle Bachelet serait la première femme en Amérique du Sud accéder à ce poste via le suffrage universel. Médecin pédiatre de profession, elle a acquis une forte popularité comme ministre de la Santé (2000-2002), puis comme ministre de la Défense (2002-2004) du gouvernement sortant. Cette socialiste athée, mère de trois enfants de deux pères différents dont elle est séparée, est la fille d'un général proche de Salvador Allende, mort torturé peu après le coup d'Etat d'Augusto Pinochet (1973).

Les électeurs sont aussi appelés aux urnes pour élire 120 députés et 20 sénateurs, sur 38 sièges, dans un scrutin qui supprimera les postes de sénateurs à vie créés par l'ex-dictateur Pinochet. Il s'agira du premier parlement vraiment démocratique depuis la fin de la dictature (1973-1990).

Pinochet, 90 ans, qui n'a eu aucune influence politique pendant la campagne électorale, est l'un des grands absents du scrutin car, sous le coup d'une assignation à résidence pour des accusations de violations des droits de l'homme, il n'est pas autorisé à voter.

Second tour le 15 janvier

Michelle Bachelet, candidate de la Concertation démocratique -- coalition de démocrates-chrétiens, socialistes et radicaux -- qui gouverne le pays depuis la fin de la dictature, est créditée d'environ 40% des suffrages. Ce score serait insuffisant pour remporter l'élection au premier tour.

Le nom de son adversaire lors d'un éventuel second tour, prévu le 15 janvier, demeure l'une des principales inconnues du vote de dimanche. Avant le scrutin, Sebastian Pinera (Parti de Rénovation nationale) et Joaquin Lavin (Union démocrate indépendante) bénéficiaient d'environ 20% des intentions de vote. Le premier des deux deviendra le nouveau leader de la droite.

Au Chili, le vote est obligatoire pour les citoyens enregistrés sur les listes électorales, mais près de 75% de jeunes de 18 à 29 ans ne participeront pas au scrutin, car ils ne se sont pas inscrits par désintérêt de la politique ou parce que la procédure était trop fastidieuse.

photo : Michelle Bachelet dans un bureau de vote (DR)

le 11 décembre 2005 à 11:26
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1 Commentaires

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  • Flo, le 11/12/2005 à 22h23

    C'est pas en France que ca arriverait. Quand on voit ce qu'a subit Mme Cresson a l'epoque,les reflexions a l'endroit de Mme Royal, on se dit qu'il y a un monde avant de voir une femme a la tete d'un gouvernement, voir de l'Etat Francais. Je ne parle pas de Mme Alliot Marie, elle n'est que ministre, et en soit, ce n'est pas un exploit.Il faudra un temperament, une Simone Veil, du moins, le genre.

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