elections irakAprès les élections de janvier et le référendum d'octobre, environ 15,5 millions d'électeurs votent ce jeudi pour élire leurs 275 représentants au Parlement, marquant ainsi une nouvelle étape dans la mise en place d'institutions permanentes en Irak.
Les bureaux de vote ont ouvert à 7 heures locales (5 heures à Paris). Le président Jalal Talabani a été le premier à voter dans sa ville de Souleimaniyah, dans le Kurdistan.
Quels ont été les résultats des deux scrutins précédents cette année ?
En janvier, bravant la peur des attentats et les appels au boycott des sunnites, 60% des Irakiens s'étaient déplacés pour élire les députés de l'Assemblée constituante, 59 ans après le dernier scrutin démocratique. Les chiites étant majoritaires dans le pays, la liste chiite religieuse en était sortie victorieuse. Sans surprise, la coalition kurde avait également obtenu un bon score au Kurdistan. Les chiites laïques du Premier ministre de l'époque, Iyad Allaoui, avaient terminé en 3e position. Les sunnites n'avaient ramassé que quelques miettes.
En octobre, la participation avait été sensiblement identique au référendum sur la Constitution. Le texte, instaurant un régime fédéral, avait été largement approuvé.
Qui les électeurs vont-ils élire ce jeudi ?
Les 275 membres de l'Assemblée nationale définitive, dont la législature doit durer quatre ans. Au total, 307 "entités politiques" et 19 coalitions représentant 7 655 candidats s'affronteront dans les 18 provinces du pays.
230 sièges seront distribués aux provinces et 45, baptisés "sièges nationaux", seront alloués aux partis qui n'obtiendront pas de siège au niveau provincial, mais dont le score national sera assez élevé.
A quelle participation peut-on s'attendre ?
Contrairement aux deux scrutins de 2005, elle devrait être très élevée. Une participation massive au sein de la communauté sunnite semble en effet se préciser : plus de mille religieux ont souligné la "nécessité de voter", espérant obtenir assez de sièges au Parlement pour pouvoir amender la Constitution, adoptée contre leur volonté.
Quelles sont les principales listes ?
- Comme en janvier, la liste chiite religieuse de l'Alliance irakienne unifiée, inspirée par l'ayatollah Sistani, devrait obtenir la victoire. Elle bénéficie du soutien du Conseil suprême de la révolution islamique en Irak (CSRII), du parti Daawa du Premier ministre Ibrahim Jaafari et a intégré la mouvance radicale de Moqtada Sadr.
- Au Nord, l'Alliance kurde regroupe toujours le Parti démocratique du Kurdistan et l'Union patriotique du Kurdistan.
- La liste irakienne nationale laïque associe cette fois Iyad Allaoui à des Arabes sunnites libéraux et des communistes.
- La liste du Congrès national irakien représente le vice-premier ministre Ahmed Chalabi, ancien protégé de Washington.
- Les sunnites sont quant à eux regroupés au sein du Front irakien de la concorde (Parti islamique, Conférence du peuple d'Irak et Conseil du dialogue national) et dans le Front irakien pour le dialogue national.
Quels seront les premiers actes de l'Assemblée ?
Elle devra choisir un conseil présidentiel (président et deux vice-présidents) et un chef du gouvernement.
Les menaces sont-elles importantes ?
La branche irakienne d'Al-Qaïda dirigée par Abou Moussab Al-Zarqaoui a annoncé le lancement d'une offensive d'envergure contre ce qu'elle qualifie de "bastions des apostats" afin de "perturber les noces 'démocratiques' de l'impiété et de la prostitution".
Des mesures de sécurité draconiennes ont donc été prises par les autorités. L'Irak est ainsi à l'arrêt pour la période électorale, avec cinq jours chômés, l'interdiction de port d'armes, un couvre-feu nocturne sur l'ensemble du pays et la fermeture des frontières terrestres et des aéroports. Des mesures similaires avaient été prises lors du référendum du 15 octobre, journée qui avait vu peu de violences.
(photo d'archives-afp : un bureau de vote en janvier 2005)
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