
Avec la participation de la Somalie, désormais dotée d'un gouvernement central après de longues années de chaos, la totalité des pays africains seront présents samedi et dimanche à Bamako, la capitale du Mali.
Ce 23e sommet France-Afrique a pour thème "la jeunesse africaine, sa vitalité, sa créativité, ses aspirations". Plus de 60% des Africains ont en effet moins de 25 ans. L'immigration devrait donc s'imposer comme le principal débat après les récents drames des migrants africains fuyant la pauvreté qui ont tenté, par milliers, de forcer les barbelés des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, dans le nord du Maroc, pour tenter de gagner "l'eldorado" européen.
Appui au développement
"Pourquoi les jeunes Africains cherchent-ils à émigrer en dehors du continent ?" s'est demandé le chef de la diplomatie du Mali, Moctar Ouane, en appelant les participants à "apporter des réponses adéquates". Or la France, où les récentes émeutes dans les banlieues ont mis en lumière les difficultés d'intégration des jeunes originaires du Maghreb et d'Afrique noire, vient de durcir encore sa politique d'immigration.
Paris plaide aussi pour un appui au développement en Afrique, afin que les jeunes puissent rester vivre sur le continent. Le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Alpha Oumar Konaré a été encore plus alarmiste sur ce thème de la pauvreté et de l'immigration. L'Afrique "va brûler" et sera anéantie "dans les 25 prochaines années" si rien n'est fait pour y endiguer la pauvreté, a-t-il dit. Avant d'ajouter : "Aujourd'hui nous avons des centaines de milliers de personnes errant dans la brousse et le désert, essayant de trouver une porte de sortie : bientôt ils seront des millions car l'Afrique s'appauvrit de plus en plus".
Handicaps
Le sommet devrait aussi largement aborder les conflits en cours, notamment la guerre civile au Darfour (ouest du Soudan) qui a déjà fait entre 180 000 et 300 000 morts et la crise en Côte d'Ivoire, coupée en deux depuis 2002 par une rébellion armée. Si l'Afrique continue de concentrer la moitié des opérations de maintien de la paix de l'Onu, cette rencontre intervient alors que des évolutions positives ont toutefois vu le jour. Plusieurs pays sont sortis de longues guerres civiles, pour élire leur président, comme au Burundi et au Liberia.
Mais l'Afrique et ses 900 millions d'habitants continuent de cumuler les handicaps. Le continent reste ancré dans la pauvreté, et le sida y poursuit ses ravages : l'Afrique sub-saharienne abrite plus de 60% des personnes vivant avec le VIH, soit 25,8 millions de malades.
Ce sommet doit donc être une nouvelle occasion pour Paris, dont la politique est contestée dans certaines de ses ex-colonies, comme au Togo et en Côte d'Ivoire, d'afficher sa doctrine d'un "partenariat", notamment en appuyant les efforts de l'UA pour créer une force de maintien de la paix à l'horizon 2010.
AFP
(photo d'archives : des jeunes Africains candidats à l'immigration)
Retour MYTF1
Chargement en cours...




