Un Noël lourd de symboles à Bethléem

le 24 décembre 2005 à 18h18 , mis à jour le 24 décembre 2005 à 20h44

Après cinq années éprouvantes d'Intifada, la ville de naissance du Christ devait célébrer samedi un Noël presque joyeux malgré la construction par Israël d'un mur séparant la ville de la Nativité de Jérusalem.

Michel Sabah le 24/12/2005 Bethléem © DR

Des milliers de Palestiniens et pèlerins ont afflué samedi à Bethléem où l'espoir est revenu, après cinq années éprouvantes d'Intifada. Un Noël presque joyeux malgré la construction par Israël d'un mur séparant la ville de la Nativité de Jérusalem.

"Il faut supprimer les murs"

La traditionnelle procession du Patriarche latin Michel Sabbah est partie de Jérusalem en fin de matinée, accompagnée par des policiers israéliens à cheval, jusqu'à l'entrée de la zone autonome palestinienne de Bethléem. "Il faut supprimer les murs et ériger à leur place des ponts de paix et d'amour", a proclamé le Patriarche lorsqu'il est arrivé à l'une des entrées de Bethléem afin de célébrer la messe de Noël dans l'Eglise latine qui jouxte la basilique de la Nativité. Le Patriarche a de nouveau affirmé que la construction de ce mur, censé selon Israël empêcher des attentats, avait transformé Bethléem en "une immense prison".

"C'est une fête pour tous les Palestiniens et pas seulement pour les habitants de Bethléem", a cependant déclaré le gouverneur de la cité, Salah Tamari. "Le coeur est à la fête en dépit de la pression de l'occupation israélienne, de la colonisation qui se poursuit autour de la ville et des difficultés causées par le 'mur'", a-t-il ajouté.

Quelque 30.000 touristes et pèlerins étaient attendus, soit plus du double que les années précédentes, mais bien moins qu'au cours des années 1990. Pour la première fois depuis 1999, une Foire de Noël a été organisée.

Abbas à la messe de minuit

Pour assurer la sécurité, la police palestinienne a déployé 800 hommes, notamment sur la place de la Mangeoire et aux abords de la Basilique, a affirmé à l'AFP son chef, le colonel Issa Hijjo. Selon lui, l'armée israélienne s'est engagée à s'abstenir de mener des opérations dans Bethléem de vendredi soir jusqu'à mardi matin, pour éviter toute escalade susceptible de perturber les festivités de Noël. Le colonel Hijjo a également exclu que des groupes armés locaux provoquent des désordres, comme ce fut le cas mardi lorsque des miliciens des Brigades des martyrs d'Al-Aqsa avaient brièvement occupé les locaux de la mairie.

Le leader palestinien Mahmoud Abbas, un musulman, devait assister à la messe de minuit comme le veut la coutume. Son prédécesseur Yasser Arafat, décédé en novembre 2004, avait été empêché par Israël d'assister à cette messe depuis 2001.

L'économie de la petite ville de 40.000 habitants, surtout vouée au tourisme, a beaucoup souffert depuis le déclenchement de l'Intifada en septembre 2000. Bouclée durant de longues périodes par l'armée israélienne, Bethléem avait été le théâtre de violents affrontements culminant, en 2002, avec un siège de 38 jours de l'église de la Nativité où s'étaient enfermés des activistes armés palestiniens.

(Mgr Michel Sabah à Bethléem le 24 décembre 2005/DR)

le 24 décembre 2005 à 18:18
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3 Commentaires

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  • David, le 25/12/2005 à 03h19

    Au lieu de critiquer un mur passif, Michel Sabbah aurait dû demander l'arrêt du terrorisme actif!

  • Bob, le 24/12/2005 à 22h41

    Si il n'y avait pas d'attentats il n'aurait pas de mur...

  • Hadi, le 24/12/2005 à 22h08

    Espérons que pour Noël 2006, Bethléem et la Cisjordanie ne seront plus occupées et que le Mur n'entourera plus la ville sainte

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