Quand le tsunami amène la paix

Par D'après AFP, le 22 décembre 2005 à 18h12 , mis à jour le 22 décembre 2005 à 19h41

Conséquence inattendue du raz-de-marée : après 29 ans de guérilla, la catastrophe a poussé le gouvernement indonésien et les séparatistes d'Aceh à signer un accord de paix historique.

[Expiré] [Expiré] aceh rebelles depos armes © afp

Débuté en 1976, le conflit entre le gouvernement indonésien et la rébellion indépendantiste du Mouvement Aceh libre (GAM) avait fait au moins 15.000 morts. Le 26 décembre 2004, la province a été la région la plus durement touchée par le tsunami, avec des villes rayées de la carte et un bilan humain estimé à environ 130.000 morts.

Depuis 2003, les pourparlers de paix entre les deux parties étaient au point mort, l'Indonésie ayant même imposé la loi martiale. Or si le raz-de-marée a eu un effet positif, c'est bien d'avoir fait revenir aussitôt gouvernement et le GAM à la table des négociations. "Le tsunami a poussé les deux camps à modifier leur position. Sans lui, cela aurait pu avoir lieu mais il a été un facteur déterminant dans le processus", estime Teuku Kamaruzzam, ancien négociateur des séparatistes.

"Facteur humanitaire"

L'ampleur de la catastrophe "a propulsé en avant le facteur humanitaire", se souvient pour sa part Farid Husain, un des principaux négociateurs du gouvernement. "La population avait tellement besoin de paix, avait tant de souffrance", rappelle-t-il. "Notre point de vue était le suivant : comment reconstruire et réhabiliter sans prendre en considération l'aspect sécurité ? Deuxièmement, si nous réussissons à reconstruire Aceh, tout pourrait être rapidement détruit, sans la paix", explique-t-il.

Le 15 août, après huit mois de discussions, l'accord historique est donc signé : le GAM renonce à l'indépendance et dépose les armes. Jakarta promet pour sa part de retirer toutes ses forces militaires et policières non-locales d'ici la fin de l'année et l'amnistie aux rebelles. Le 21 décembre, les derniers rebelles rendaient définitivement leur arsenal.

Au Sri Lanka, les Tamouls poursuivent la guérilla


Au Sri Lanka, les ravages provoqués par le tsunami -au moins 31 000 morts- n'ont malheureusement pas eu les mêmes effets qu'en Indonésie. Depuis 1972, les Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE) luttent pour l'autonomie du Nord et de l'Est -le conflit a fait une soixantaine de milliers de morts.

Les donateurs ont bien tenté de faire parler l'argent, en exigeant comme condition préalable à la livraison de fonds l'établissement d'un mécanisme de distribution conjoint entre rebelles et Colombo. Mais les négociations n'ont pas abouti. Le 12 août, la situation a encore empiré avec l'assassinat du ministre sri-lankais des Affaires étrangères.

Aujourd'hui, la situation semble profondément bloquée : les Tamouls ont adressé un ultimatum au président Mahinda Rajapakse, tout récemment élu. Ils le somment de proposer un règlement "raisonnable" du conflit avant la fin de l'année sous peine d'une reprise de la guerre civile.  Les violences se sont d'ailleurs brusquement accentuées depuis un mois avec une série d'attaques attribuées aux rebelles. "Oui, le tsunami avait dans un premier temps rassemblé les tamouls, les musulmans et les cinghalais (ndlr : majorité ethnique). Mais pas les politiques", regrette un politicien tamoul.

Tsunami, un an après : lire notre dossier en cliquant ici 

(photo afp : les rebelles déposent les armes, le 21 décembre 2005)

Par D'après AFP le 22 décembre 2005 à 18:12
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