© afpDébuté en 1976, le conflit entre le gouvernement indonésien et la rébellion indépendantiste du Mouvement Aceh libre (GAM) avait fait au moins 15.000 morts. Le 26 décembre 2004, la province a été la région la plus durement touchée par le tsunami, avec des villes rayées de la carte et un bilan humain estimé à environ 130.000 morts.
Depuis 2003, les pourparlers de paix entre les deux parties étaient au point mort, l'Indonésie ayant même imposé la loi martiale. Or si le raz-de-marée a eu un effet positif, c'est bien d'avoir fait revenir aussitôt gouvernement et le GAM à la table des négociations. "Le tsunami a poussé les deux camps à modifier leur position. Sans lui, cela aurait pu avoir lieu mais il a été un facteur déterminant dans le processus", estime Teuku Kamaruzzam, ancien négociateur des séparatistes.
"Facteur humanitaire"
L'ampleur de la catastrophe "a propulsé en avant le facteur humanitaire", se souvient pour sa part Farid Husain, un des principaux négociateurs du gouvernement. "La population avait tellement besoin de paix, avait tant de souffrance", rappelle-t-il. "Notre point de vue était le suivant : comment reconstruire et réhabiliter sans prendre en considération l'aspect sécurité ? Deuxièmement, si nous réussissons à reconstruire Aceh, tout pourrait être rapidement détruit, sans la paix", explique-t-il.
Le 15 août, après huit mois de discussions, l'accord historique est donc signé : le GAM renonce à l'indépendance et dépose les armes. Jakarta promet pour sa part de retirer toutes ses forces militaires et policières non-locales d'ici la fin de l'année et l'amnistie aux rebelles. Le 21 décembre, les derniers rebelles rendaient définitivement leur arsenal.
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(photo afp : les rebelles déposent les armes, le 21 décembre 2005)
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