
L'ancien président irakien Saddam Hussein, 68 ans, revient lundi devant les juges, accompagné de sept de ses lieutenants pour répondre du massacre de 148 villageois chiites de Doujaïl dans les années 1980, après un attentat commis contre son convoi.
Les accusés risquent la peine de mort par pendaison dans ce procès, ouvert le 19 octobre mais aussitôt suspendu pour permettre d'organiser l'audition des témoins. Il a été de nouveau ajourné le 28 novembre pour permettre de trouver un avocat à l'ancien vice-président, Taha Yassine Ramadan, qui a refusé celui qui lui a été commis d'office.
Témoignage accablant
Au cours des deux premières courtes audiences, ce procès a surtout été marqué par les problèmes de sécurité et de procédure. Les questions de fond n'ont jamais été longuement abordées.
La seconde audience du 28 novembre a, cependant, été marquée par le témoignage accablant d'un ancien responsable contre le demi-frère du président déchu irakien, accusé d'avoir mené une répression impitoyable dans le village de Doujaïl.
Selon cet ancien responsable, Ouaddah Ismaïl al-Cheikh, dont les propos avaient été enregistrés récemment à l'hôpital avant sa mort, 400 personnes, dont des femmes, des enfants et des personnes âgées, avaient été arrêtées, après l'attaque du convoi présidentiel à Doujaïl. "Les forces de sécurité avaient reçu l'ordre de Barzan al-Tikriti", "et ont commencé à arrêter des familles entières", a-t-il dit.
La sécurité des avocats en question
La protection de l'équipe des avocats de la défense va demeurer d'actualité lundi, selon l'ancien ministre de la Justice américain Ramsey Clark, membre de l'équipe d'avocats qui défend Saddam Hussein. "Nous allons demander que la protection soit renforcée à la reprise du procès le 5 décembre", a avertit M. Clark à l'issue de la seconde audience, alors que deux avocats de la défense ont été assassinés depuis l'ouverture du procès en octobre.
"Notre premier souci est la sécurité des avocats car sans sécurité vous ne pouvez pas garantir un procès équitable", a-t-il dit. De son côté, Issam Ghazzaoui, avocat jordanien de Saddam Hussein, a estimé que l'offre irakienne de protection des avocats de la défense n'était pas suffisante.
Des manoeuvres possibles ?
Un responsable américain, proche du tribunal a déclaré mardi dernier, craindre des manoeuvres de l'équipe de défense pour retarder le procès. Il a notamment remarqué que des accusés ont refusé des avocats d'office proposés par le tribunal, pour ensuite se plaindre de ne pas avoir d'avocat, et que des avocats de la défense ne viennent pas. "Le tribunal ne va pas permettre aux avocats de la défense de s'absenter jour après jour (...) il doit faire en sorte que des manoeuvres ne retardent pas le procès", a-t-il dit.
Saddam Hussein plaide non coupable et ne reconnaît pas l'autorité du tribunal, qui siège dans l'ancien quartier général du parti Baas, au coeur de la Zone verte, secteur ultra-sécurisé de Bagdad.
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