Rice et Merkel unies contre le terrorisme

le 06 décembre 2005 à 15h38 , mis à jour le 06 décembre 2005 à 20h35

Lors de leur première rencontre mardi, Angela Merkel et Condoleezza Rice se sont engagées à unir leurs forces contre le terrorisme. Tout en évitant les questions sur les rumeurs d'activités cachées de la CIA en Europe, au nom du caractère secret du renseignement.

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Union affichée dans la lutte contre le terrorisme, respect affirmé des lois et obligations internationales... sans pour autant empiéter sur le nécessaire secret des activités de renseignement :  Angela Merkel et Condoleezza Rice ont ostensiblement marqué leur accord sur tous ces points, mardi, lors de la première rencontre à Berlin entre la chancelière allemande et la secrétaire d'Etat américaine. Rencontre au cours de laquelle le chef de la diplomatie américaine a une fois de plus évité les questions sur l'existence en Europe de prisons secrètes où seraient détenus de présumés terroristes islamistes.

Posant tout sourire pour les photographes, échangeant fréquemment des coups d'oeil complices, les deux femmes ont indiqué au cours d'une conférence de presse avoir évoqué la question des activités controversées de la CIA en Europe qui a affecté les relations transatlantiques ces dernières semaines. Les Etats-Unis "n'admettent pas la torture qui est contraire à la loi américaine et contraire aux obligations internationales des Etats-Unis", a réaffirmé Mme Rice.

"Toute politique peut parfois mener à des erreurs"

La nouvelle chancelière s'est déclarée satisfaite de cette assurance, ajoutant que les déclarations du chef de la diplomatie américaine étaient "une bonne base" pour poursuivre la coopération entre les deux pays, notamment dans les services secrets. "Il est important pour moi que Mme Rice ait réaffirmé que les Etats-Unis respectent leurs engagements" en matière de lutte antiterroriste, a déclaré Angela Merkel, qui a cependant insisté sur la nécessité de respecter les principes démocratiques. "Nous devons adhérer aux principes démocratiques et aux règles qui président à nos engagements, tout en nous assurant que nos services de renseignement peuvent réellement faire leur travail", a-t-elle noté. Mais "je pense effectivement qu'il y a de l'espace pour une bonne coopération entre nos deux services de renseignement", a-t-elle conclu.

Pour sa part, Mme Rice a assuré que les Etats-Unis feraient "tout leur possible pour coopérer avec les services de renseignement qui sont dans les mêmes dispositions que les siens", réaffirmant : "le renseignement est la clé absolue du succès" dans la guerre contre le terrorisme international. Evoquant la question des vols de la CIA et de ses prisons secrètes supposées, Mme Rice a rappelé que la nouvelle guerre contre le terrorisme est "un défi" et rend nécessaire de "faire tout notre possible pour protéger nos citoyens". Elle a cependant assuré : "nous respectons la souveraineté de nos partenaires". La secrétaire d'Etat américaine a enfin reconnu que les Etats-Unis avaient commis une "erreur" dans l'affaire d'un ressortissant allemand d'origine libanaise, Khaled al-Masri, enlevé par erreur en 2003 et ensuite libéré. "Toute politique peut parfois mener à des erreurs", a-t-elle déclaré. Une "erreur" qui donne déjà lieu à une procédure judiciaire aux Etats-Unis, où l'association américaine de défense des libertés civiles (ACLU) a déposé plainte mardi contre la CIA...

Après un déjeuner avec son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier, Mme Rice s'est dirigée vers Bucarest, pour y signer un accord de sécurité, avant de se rendre dans la même soirée à Kiev. Sa dernière étape sera une réunion de l'Otan à Bruxelles jeudi.

Nouveaux démentis de "sous-traitance de la torture"

George W. Bush a démenti une nouvelle fois mardi que les Etats-Unis sous-traitent la torture de prisonniers soupçonnés de terrorisme vers d'autres pays. "Nous ne transférons pas à des pays qui torturent. Cela a été notre politique et cela restera notre politique" a déclaré le président à la presse, en marge de sa rencontre avec le patron de l'Organisation Mondiale de la Santé Lee Jong-Wook. Démenti similaire de la part de Condoleezza Rice dans une interview à la chaîne de télévision britannique Sky News : les Etats-Unis "n'envoient pas des gens se faire torturer", a affirmé mardi la secrétaire d'Etat américaine. "Nous sommes un Etat de droit et nous ne pensons pas que la torture soit appropriée dans le système international".

Photo d'ouverture : Angela Merkel et Condoleezza Rice peu avant leur conférence de presse commune à berlin - DR

le 06 décembre 2005 à 15:38
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4 Commentaires

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  • E. Bernasconi, le 06/12/2005 à 20h11

    Vos services (y compris sur le TJ) concernant ce sujet... ou l'art de la langue de bois.. :(

  • Christian, le 06/12/2005 à 19h56

    Je crois qu'il va falloir se mefier de l'allamegne maintenant...

  • Dowsheer, le 06/12/2005 à 17h34

    C'est dingue de voir la naivete de certain pays europeen et de se laisser encore manipuler par les USA. ils se permettrent d'utiliser les aeroports europeens sans que personne ne bronche serieusement,c'est de la folie !!!! je pensais que le fait de creer l'UE ,etait aussi pour concurrencer l'amerique dans tout les domaines y compris militaire . la france et l'Allemangne ne devraient oublier les propos tenus sur eux ,par Rice a propos de l'irak.

  • Vastre, le 06/12/2005 à 17h22

    "Les Etats-Unis "n'admettent pas la torture qui est contraire à la loi américaine et contraire aux obligations internationales des Etats-Unis", a réaffirmé Mme Rice. " On devrait ajouter que la torture est parfois nécessaire, pour que la vé&rité soit enfin établie, au sens où l'entendent les Etats Unis.

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